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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 19:32

Partie 1

 

Partie 2


Les mouvements de foule font voltiger des flyers comme des boules de foin voletant entre deux cowboys qui se préparent à leur duel final.

En chien de faïence, les yeux fixés sur l'adversaire, nous nous dévisageons. Nos poumons s'emplissent de l'air vicié du hall, humant ses odeurs de transpiration qui s'échappent de cosplay trop court pour leur porteur. La tension reste. Même le cosplay de Sailor Moon à barbe qui passe entre nous ne nous fait pas ciller, alors que d'habitude, régurgiter ses sushis sur cette horreur serait le moindre mal que l'on pourrait offrir.

Mentalement, j'énumère une à une toutes les versions que je possède de Byousoku. Treize. C'est le nombre que je détiens. Sans compter les différentes versions sous-titrées par l'élite du fansub. J'inspire du plus profond de mon être. Je dois résister à l'appel. Il y aura toujours une possibilité d'obtenir cette version. Alors que chaque défilé de cosplay est unique. Mon coeur hurle sa rage tandis que, peu à peu, mon cerveau prend possession de mon corps. Pour le bien de ma PASSION, je dois la brimer. Elle n'en ressortira que plus forte. Ma PASSION renaîtra de cette défaite, plus grande et plus hargneuse que jamais. Je serai gagnant. L'humilité ne fera que me renforcer.

Une dernière expiration.

Et enfin, je tourne les talons sans un ultime regard pour le coffret tant convoité. Je marche d'un pas décidé vers l'amphithéâtre. Du coin de l'oeil, je vois ma Némésis prendre le chemin du stand Bandaï, chancelant. Pour lui aussi, le coup a été rude. La prochaine fois, l'un devra prendre l'ascendant sur l'autre et ce, de manière définitive. Ce jeu dure depuis trop longtemps. Il faut y mettre un terme.

Taisant les dernières frustations, je fais le bilan. Finalement, je suis gagnant de ce duel. Un otaku capable de contrôler ses pulsions est supérieur à celui qui n'en est pas capable. Il ouvre tout un champ d'exquises manipulations et désespoirs que je pourrais infliger à mes autres rares ennemis. Je suis supérieur. Comme un Light Yagami, sans la stupidité. Je souris. Cette défaite est presque une victoire. Je sors de cette expérience grandi. Je pourrai presque remercier ma Némésis de m'avoir permis de dépasser mes capacités.  J'aurai plaisir à lui infliger de nouvelles souffrances via cette nouvelle maîtrise de moi-même.

J'arrive enfin sur cette place tant convoitée. Faisant fi des regards jaloux, je sors mon portable téléphonique à 1000 pixels pour faire les photos. J'en entendrais presque les cris d'orfraie de mes voisins. La scéance commence, les lumières diminuent et j'en profite pour placer le vrai appareil photo à l'intérieur de mon sac, de la manière la plus discrète possible. Mes voisins m'oublient plus ou moins, la bave coulant déjà à la commisure de leurs lèvres, avides de tirer profit de leur position pour réussir des panty-shot. Qui seront à mille lieux des miens en terme de qualité. Le sourire narcois pond sur mes lèvres. Que j'aime être sadique. Troller sur le net a fini par déteindre dans la vraie vie. J'aime enfoncer mes concurrents. Je suis vil. Je me comporte comme un connard. Et mieux, j'en redemande. J'aime ça.
Un SMS me tire de mon auto-promotion mentale. Tiens, ma Némésis. Dans un orthographe presque correct pour une fois ( il tient vraiment que j'accepte son marché pour écrire aussi proprement ), la Némésis me propose de me donner le coffret de Byousoku contre les doubles des photos de qualité des panty-shots. Il me connaît bien le bougre. Il se doute que je vais prendre aussi des pĥotos de mauvaise qualité. J'accepte. C'est une fleur pour tout le level-up qu'il m'offre. L'échange se fera le jour où les photos seront développés.

Le défilé se termine. Pas exceptionnel. Mais suffisant, pour se faire suffisament d'argent de poche pour corrompre une mineure à offrir au prochain type important qui aime le loli. Avec un peu de chance, je pourrai même aussi pousser une fille à faire du bondage avec un masochiste. Je connais un adepte de la cire des bougies. Par chance, il est à moitié asiatique. La pilule passe mieux avec les filles du coin. Avec un occidental, elles auraient refusé, mais avec un asiatique, elles sont plus ouvertes. Open-minded comme on dit. Quelle marrade !

Je finis ma journée en traînant dans les rayons. Et je trouve une perle perdue au milieu de séries sans intérêt. Le coffret collector ET de luxe d'Utena, version japonaise. Je connais une blogueuse prête à coucher pour ce coffret. Je vais pouvoir vérifier si c'était des paroles en l'air.

Je quitte les lieux. Je n'ai plus rien à y faire. Et puis, il faut que je prépare mes armes pour la prochaine convention. C'est encore loin, mais cela va arriver vite. Je n'ai pas le droit de traîner, mes adversaires ne le font pas. Un ralentissement et on vous retrouve cosplayé de force en Luffy. Toujours se méfier et anticiper. Comme au go.

Être un otaku, c'est une bataille de chaque instant pour ne pas se faire distancier. Ca bouffe notre vie, mais c'est un nectar orgasmique qui confine à l'extase éternelle.
Etre un otaku, c'est être un monomaniaque.
Et ça me plaît.

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Published by Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir - dans Ecrits Sans Sens
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