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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 20:52
Imaginons une discussion totalement fictive qui n'est jamais arrivée et qui n'arrivera jamais :

<Corti> : Pffuiitt... Je sors de mon marathon Utena, ça calme.
<XXkfd> : Utena ? C'est quoi ?
<Corti> : Tu... Ne... Connais... Pas... Utena... ?
<XXXkfd> : Ah... Pas le mode furieux....
<Corti> : Tu prétends avoir un culture anime et TU NE CONNAIS PAS UTENA ????
<XXXfkd> : Calme, Corti, calme....
<Corti> : Mais c'est une PROFANATION ! Une HONTE ! C'est... c'est... MAL !
<Corti> : Utena, c'est....
<Modo> : Qui a allumé le moteur cortien ? Qui ????
<XXXfkd> : Désolé :(
<Modo> : Pas le choix...
Corti has been kicked by Modo (désolé, question de sauvegarde de taille de caractère du chan)

Donc pour éviter que l'improbable puisse se produire, parlons d'Utena.

Lecteur curieux : Et c'est quoi ?

Utena est un anime de plus de 39 épisodes sorti à une époque que certaines viles personnes qualifient d'âge d'or de la japanime, dans les années 90 donc. A ceci, il faut ajouter un manga et un film. Ca m'étonnerait pas qu'il y ait aussi un jeu.

Lecteur curieux : Et ça parle de quoi ?

En gros, mais vraiment en gros parce que je n'aime pas faire des synopsis trouvables en 5s sur le net, c'est l'histoire d'une fille qui a rencontré son prince charmant dans sa jeunesse et ébloui par la prestance du prince, s'est décidée à devenir... Un prince. Car le prince s'est fait la malle et elle n'a qu'une bague pour le retrouver (peut-être). Elle arrive donc à une université qui porte le même symbole que sa bague et elle espère ainsi retrouver son prince charmant. sauf qu'en fait, pour le moment, elle se retrouve embarquée dans des histoires de combats où les duellistes -qui possèdent la même bague qu'elle- se battent pour obtenir la fiancée de la rose, qui est en soi, une fille qui se dévoue totalement au vainqueur. En gros, le genre de fille qui rendrait heureux n'importe quel pervers pas trop sadique (quoique).

Lecteur curieux : Wouah... Ca a l'air passionnant, dis-moi... Je préfère mater les bouses sorties cette année.

Et tu ferais une grave erreur. Car bien qu'il est difficile de faire l'impasse sur de nombreux défauts, cet anime est un vrai OVNI. Car sous ces dehors convenu, la suite casse et massacre allégrement de nombreux clichés. Et propose un déroulement particulier.
L'un des points forts d'Utena, c'est qu'il propose plusieurs niveaux de lecture. On peut se contenter de passer outre et le lire au premier niveau, mais ce serait passer outre un paquet de chose. Ne serait-ce que la remise en cause du mythe du prince charmant, qui, même si elle se présente avec de gros sabots, est un peu plus subtile qu'elle apparaît. Il faut savoir que l'anime abuse des métaphores à tout crin et de premier degré, ce qui fait qu'il n'est pas forcément évident au premier abord de savoirsi ce qui vient de se dérouler sous nos yeux est humoristique ou parfaitement sérieux. Les types se sont amusés à brouiller les cartes à tout va quitte à perdre de temps en temps le téléspectateur. D'ailleurs, ce brouillage de cartes est au paroxysme dans le film en l'espace de 10 minutes va enchaîner la pédophilie sur une vache jetée dans le ciel par des éléphants qui chantent....

Lecteur curieux: Quoi ??? C'est quoi ce mindfuck(*EPM) ????

Et encore, j'en passe....

Lecteur curieux : Ouais ben, je préfère passer mon chemin...

Mais attend, ne pars pas si vite !
Tout n'est pas si violent. Au contraire même. Il faut savoir qu'Utena aborde les sujets petit à petit et dérive au fur et à mesure sur des sujets plus graves comme l'inceste et autres joyeusetés.

Lecteur curieux : Ca a l'air grave glauque ton truc là.

Mais c'est là où Utena fait très fort. Car un bon paquet des thèmes que contient Utena, sont assez souvent glauques mais la série ne l'est pas pour autant. Enfin si, un peu quand même. Mais en compensation, elle offre un humour ravageur, souvent décalé, parfois gras et facile, mais qui fait toujours mouche. Utena, c'est un joyeux foutoir par moment sans pour autant en perdre la ligne directrice. Car bon, des éléphants qui font du surf et des filles qui pondent des oeufs, ça peut paraître aberrant, dans Utena, ça passe tout seul. Et je ne parle même pas du taureau enragé, suivi du cheval emballé, suivi d'un kangourou furieux !!!!

Lecteur curieux : Ca m'a l'air salement bordélique quand même.

Oui et non. L'anime se permet des écarts joyeux, mais la ligne directrice ne se perd jamais. Par exemple, avec un peu de recul, le thème de l'oeuf peut être facilement assimilé aux premières règles des filles. Et Utena, c'est plein de détails de ce type.
Par exemple, dans chaque épisode, il y a une scène d'une dizaine de secondes où on voit deux persos en ombre chinoise faire absolument n'importe quoi. Sauf qu'avec un peu d'attention, on voit qu'en fait, ce qu'elles racontent est très loin de ne rien à voir avec l'histoire en cours. au contraire même ! Ces scènes apportent un éclairage lucide sur ce qui se passe et mettent en évidence des détails qui auraient pu nous échapper. Et pourtant, elles sont follement drôles par leur côté décalé.

Lecteur curieux : Mouais. Et quoi d'autre ?

Le traitement des bishônens. A la fin, ils sont presque en train de se toucher mais la mise en scène est tellement exagéré que ça en devient risible. Ca devient juste du pour foutage de gueule des bô gosses habituels. Pour prendre un exemple, il y a un running gag dans la dernière partie qui m'a fait marrer à chaque fois.
On voit un des héros se retourner, tendre les bras, torse nu, sa chemise volant et dire, le plus sérieusement du monde :
"Je vais t'emmener dans ce monde que tu recherches tant !!!"
Et là, on attend, s'attendant à un truc énorme, et en fait... On voit juste une voiture s'arrêter en arrière-plan. C'est tellement pourri que sa prestation précédente en devient risible. D'ailleurs, un des persos dit à un moment : "Désolé, du retard, c'est bon, tu peux sortir ta phrase fétiche." Et là, l'autre fait encore son show. Risible, y'a pas d'autres mots.

Lecteur curieux : Mais encore ?

Je pourrai développer toute la thématique de la voiture, car l'air de rien, elle occupe une place centrale dans la dernière partie, mais ce serait bien trop long (quioque le coup de la voiture, est tout bonnement génial. Mindfuck certes, mais un mindfuck génial, c'est pas gagné à tous).
Il faut quand même savoir que le propos central d'Utena, reste quand même le traitement du passage de l'adolescence à l'âge adulte. Sur ce point, il fait jeu égal avec le mythique Evangelion. Je dirai que c'est le Evangelion en version shôjo et sans un changement brutal en fin d'histoire. Dans Utena, tout se construit petit à petit, et même si on ne sait pas où on va foncièrement au début, que les retournements de situation sont assez nombreux, Utena pose un final salement bien construit, toujours du fait des nombreuses métaphores utilisées.

Lecteur curieux : Et ?

Ca te convient si je dis que si on rajoute toutes les scènes X coupées dans Utena, on a un hentaï ?

Lecteur curieux : lol

Sinon Utena a un côté Lady Oscar bien prononcé.

Lecteur curieux : re-lol

Je suis sérieux ^^"

Lecteur curieux : Ah ?

Béh vi. Tu te rappelles que je disais que l'héroïne voulait devenir un prince non ?

Lecteur curieux : Oui, oui.

Du coup, l'héroïne s'habille en garçon pour faire prince. Enfin, c'est ce que disent les gens dans l'anime, car pour moi, un mec qui s'habillerait avec un short moulant rouge comme le sien, il ne ferait pas très viril. Mais comme faut pas déconner non plus, l'héroïne a quand même gardé de longs cheveux roses.

Lecteur curieux : C'est bof non ?

Un peu. Sauf si on fanstasme sur les filles en short.

Lecteur curieux : Sympa.

Moui, y'avait moyen de trouver mieux, mais j'ai eu la flemme de chercher.

Lecteur curieux : Bon, y'a bien des défauts à ton anime qui m'a l'air quand même bien barré là ?

Oh oui, plusieurs. D'une part, le dessin peut rebuter. Les persos n'ont pas de pupilles en général. Pour moi, c'est plutôt bien passé, je leur trouvais même du charme. Après tous les fonds sont un peu typés aquarelle, ce qui fait trèèèèèsss old school. Un peu genre comme dans les premiers épisodes de Dragon Ball. L'autre truc que j'ai trouvé gênant, c'est la longueur de l'anime et le travail qui fait un peu minimaliste qui est effectué sur les duels. En effet, il y en a un à chaque épisode et sont en général d'excellentes factures. Sauf qu'entre chaque arc, on voit que c'est quasiment les mêmes images qui sont réutilisés ce qui a un côté quand même assez lassant.

Lecteur curieux : Longuet ? Mais l'humour alors ?

Ben parfois, on peut ne pas accrocher à l'humour si on bouffe trop d'épisodes à suivre. Il faut reconnaître que le côté décalé peut lasser même si ce dernier se renouvelle parfaitement. Il suffit de voir les réunions du conseil et leurs arrière-plans changeants pour voir le côté débile et culte de la chose.
Mais le problème se pose surtout au niveau des 39 épisodes. C'est biiiiiiiiiieeeeeeennnn trop long à mes yeux. Ca dépend de où on se place évidement. Si on s'intéresse au traitement psychologique des personnages, on ne s'ennuie pas trop, mais la contrepartie c'est qu'on se retrouve avec un épisode centré sur un personnage tertiaire dont on se fout complètement à la base. Et bon... On peut trouver cela inintéressant.
Il faut savoir que l'anime se découpe en trois arcs de 13 épisodes grosso-modo. Et le deuxième me paraît le plus dispensable même si d'un certain point de vue, c'est celui qui propose le plus de fouilles psychologiques des personnages secondaires. Cet arc est d'ailleurs un arc plus de transition où le côté sombre de la série se dessine. Le premier arc était plutôt gentillet, posant le décor et les personnages. Le troisième étant tout simplement exceptionnel à mes yeux où côté sombre côtoie merveilleusement le côté drôle.
L'autre souci, c'est que je n'aime pas les épisodes de remplissage du type : résumé des épisodes précédents. Même s'ils restent plutôt sympa et dévoilant des choses plus que fondamentales ou complètement dispensables, au bout du troisième de ce type qui réutilise les anciens épisodes à totues berzingues, ça commençait à me courir sur le haricot. En dehors de ça, ça reste du bon. Pis la mascotte de la série, nommé Chuchu est grave débile, ça aide.

Lecteur curieux : Mouais, ça me tente pas trop alors. Trop long.

Ce que je peux parfaitement comprendre. Mais soit rassuré cher lecteur, il y a une solution.

Lecteur curieux : Laquelle ?

Le film. Disponible dans toutes les bonnes crêmeries.
Même s'il contient de nombreuses références à la série TV, ce n'est pas grave de ne pas avoir vu cette dernière.

Lecteur curieux : Pourquoi ?

Car le film est une histoire complète de bout en bout, qui est légèrement différente de la série. Et comme la référence passe des mindfuck incongrus et imprévus et que le film explose le nombre de mindfuck à la seconde du fait de son format, les références ne seront que des mindfuck incompréhensibles de plus, donc non dérangeant.

Lecteur curieux : Atta, c'est le gros bordel incompréhensible quoi !

Absolument pas. Comme je l'ai dit, l'humour décalé et déphasé fait mouche sans pour autant que la ligne directrice ne s'écarte de son chemin. Tout ce qu'il faut garder, c'est que dans le monde d'Utena, il y a des choses aberrantes qui existent en tant que tels et il faut vivre avec.

Lecteur curieux : Ah ?

J'ajouterais, que contrairement à la série, le film bénéficie d'une qualité exceptionnelle. Et quand on voit une légère baisse de régime dans l'animation ou autres, il faut savoir que ça signifie qu'une scène va arriver sous peu où on en prend plein les mirettes. Mais VRAIMENT plein les mirettes. Du genre énorme. Et les couleurs sont magnifiques. L'avantage du film, c'est aussi de proposer une fin plus compréhensible pour le commun des mortels. Garder en tête qu'on parle du passage de l'âge d'adolescence à l'âge adulte, ça aide à comprendre certaines choses.

Lecteur curieux : il vaut vraiment le coup alors ?

Clairement. Ne serait-ce au moins que pour sa culture otak'. Ce n'est pas moi qui décrété qu'il était culte, mais un paquet d'autres personnes et je me joins à elles.
Et si le film plaît, il ne faut pas hésiter à faire la série (qui fera toute laide à côté mais bon). Elle approfondit énormément de choses sur les persos sans être redondantes pour autant vu que plusieurs persos sont assez différents. Rien que pour le traitement du personnage nommé Toga par
exemple.

Lecteur curieux : Vais ptêt me laisser tenter à l'occase alors...

Inutile de dire que je plussoie cet acte à 100%. Utena est, à mon sens, culte dans les thèmes et les traitements abordés et ne pas avoir vu ne serait-ce que le film est tout simplement une faute de goût.

Lecteur curieux : Autre chose à ajouter ?

Pas mal. Je n'ai pas parlé des personnages, mais il faut reconnaître qu'ils sont tous extrèmement bien fouillés et construits et qu'ils ont des motivations réelles et différentes pour se battre en duel contre l'héroïne, comprendre : motivations autres que "juste" se taper la fiancée de la rose. Le déroulement de l'histoire est quand même bien mené malgré quelques longueurs et j'ai bien aimé cet humour assez décapant. Mais il y aurait trop à dire sur Utena. Il faudrait 4 ou 5 gros articles pour en faire le tour et encore. Donc restons-en là. Tout ce qu'il y a à savoir, c'est que c'est un anime complet à tout point de vue. Le télépsectateur, malgré des dessins et une animation un peu faiblarde en a pour son pognon.

En passant, sur ce site, on peut aussi trouver des explications instructives sur la fin. L'auteur a su mettre les mots sur ce que je pensais avoir compris de la série sans pouvoir l'écrire de mon côté.
En bémol, je dirais juste que le boulot de Kaze sur les DVDs de la série est vraiment porcin. Ca s'améliore au fur et à mesure des DVDs mais il y a de l'abus sur certains DVDs, ne serait-ce que pour les fautes d'orthographe et quelques autres erreurs. Le film est bien plus propre côté Dybex, heureusement.

Lecteur curieux : OK, c'est noté dans un coin de ma tête alors.

Tant mieux. J'espère que tu en feras un bon visionnage.

Pour en finir sur une note un peu perso, si Ialda passe dans le coin et vu que c'est lié à Utena : "N'oublie pas que je te dois un haribo !"
Oui, je suis retombé sur ce topic (vous pouvez profiter du début du topic pour avoir 2/3 images, mais attention, on SPOILE un peu la fin) en faisant mon article sur Utena. Si tu es à l'EPITA ou à la JE, je t'offre des Haribos, promis ;)



Sinon, pour en revenir à des trucs marrants et que j'avais zappé :
-Aujourdh'ui, y'a eu flamewar au taf' sur les FF. Inutile de dire que j'étais heureux. Ca a sûrement aidé ma productivité ça. Pour info, ça a débattu sur FF8 et un peu FF6.
- Ah oui, Sailor Mercure est donc bien la yuriiste (*CPM) dont je parlais ici. Je ne compte plus les doujins où je l'ai vu en train de faire chose avec Sailor Jupiter. Sachant que Sailor Jupiter est miss gros sein de Sailor Moon, ce côté yuri amène un bonus non négligeable à mon harem.

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Published by Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir - dans Manga-Anime-JVs
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commentaires

Ialda 17/05/2010 23:15



Un peu beaucoup en retard (j'ai honte) et suite aux hasard de pérégrinations sur google : très bon article !


Du coup c'est moi qui t'offrirai des haribo, si t'es à la prochaine édition d'Epita.



Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 18/05/2010 00:09



J'ai dû relire tout l'article pour piger cette histoire de Haribo ^^


Pas de soucis, je devrais être là le dimanche, mais je ne pense qu'on connaisse nos têtes mutuelles :)


Merci pour l'article sinon.



tompopo 19/05/2009 22:54

Mais où sont passées les images ??? D:

Utena je love, même si je reste frustrée je trouve que c'est du cultissime. Mais c'est pas si connu que ça il semblerait, en tout cas d'après mon expérience.

Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 20/05/2009 11:55


C'est quoi qui te frustre au final ?

Ah, j'ai deviné, la fin pas assez ouverte :)


Katua 13/05/2009 17:57

Utena c'est le bien absolu.
L'anime où pendant 25 épisodes je me suis demandée pourquoi au juste je le regardais, jusqu'au dernier arc qui m'a foutu une telle claque que j'ai été obligée de le vénérer. Les nombreux niveaux d'interprétations font que c'est vraiment une série à revoir.
Même si certains épisodes sont en effet répétitifs à souhait (c'est la structure "conte de fée" qui veut ça je pense), d'autres sont vraiment impressionnants, comme le dernier de l'arc de la rose noir et de façon générale, tout le dernier arc et surtout la fin *_*

Suzu 13/05/2009 14:45

Il FAUT que je voie le film ! Je dois absolument me le procurer !!

Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 13/05/2009 16:33


Quel cri du coeur :D


Zali+L.+Falcam 13/05/2009 06:17

Utena j'aimais bien la musique. Le reste me laissait dubitatif.

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