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Vendredi 15 juin 2012 5 15 /06 /Juin /2012 00:07

Et voilà, il y a 15 jours, Air Gear s’est terminé au bout de son 357ième chapitre. Que peut-on dire de cette série qui est arrivé à son terme ?

 

Et bien. Et bien. Et bien. C’est du Oh Great. Ni plus, ni moins.

 

C’est-à-dire que le début est ainsi :

  • jolies filles

  • héros sympa

  • des ennemis qui ont la classe et qui deviennent potes avec le héros (aka, le syndrome Végéta)

  • un méchant qui se dévoile petit à petit

  • le tout avec un dessin soigné et un dynamisme certain qui donne envie d’accrocher

 

Il faut que pour le dynamisme, la base de la série s’y prête un peu beaucoup. Pour rappeler le plot :

 

Résumé piqué quelque part sur le net :

Dans un futur proche, les évolutions technologiques ont permis de créer des rollers contenant un moteur surpuissant, appelés AT (Air Trecks), avec lesquels il est possible d'effectuer des figures et des sauts défiant quasiment les lois de la gravité. Les amateurs de ce sport se surnomment Storm Riders, et se rassemblent en groupes (gangs).

Itsuki « Ikki » Minami est un collégien plutôt bagarreur vivant chez quatre filles qu'il considère comme ses sœurs qui l'ont recueilli alors qu'il était encore très jeune. L'une d'entre elles, Ringo, est secrètement amoureuse de lui. Ikki est le leader des "Higashi Guns" (ou Higachû) et se fait appeler "Babyface" par ses amis. Selon eux, il n'aurait aucun adversaire à sa taille au combat de rue. Il se bat un jour avec un gang de Storm Riders mais se fait battre à plate couture. Pour se venger, il décide de voler une paire de AT à l'une de ses soeurs. Depuis quelque temps, Ikki est intrigué par ces rollers, en partie à cause d'une fille qu'il vient voir s'entraîner et dont il est tombé amoureux. Il décide finalement de combattre ce gang, les Skull Saders, avec l'aide de ses sœurs qui forment en fait un gang appelé les "Sleeping Forest". Après ce combat, il se découvrira d'étonnantes capacités pour ces Air Trecks et finira finalement par former son propre gang de riders.

 

 

Les héros et leurs ennemis se battent donc en Air Treck, des sortes de rollers ultra-customisés de la mort qui tue, et qui sont, en somme, des super-rollers qui permettent de monter sur les murs, de faire de big sauts et tout et tout. Donc, au début, on découvre le héros, puis on découvre l’objet. S'ensuivra tout un apprentissage sur les tricks (exemple-type : monter un mur vertical). Par la suite, il va créer son équipe avec des amis, défier d’autres équipes et, petit à petit chaque trekker de l'équipe va développer sa technique (mention spécial au pervers). Et ils rentreront dans le monde de la compétition. Découvrirons les "rois" de l'Air Treck. Et que pour gagner le somment de la tour de la compétition, il faut prendre une « route », crées par un des rois. La « route » est plus métaphore qu’un chemin bien balisé et rien n’interdit que de nouvelles routes se créent. La « route » peut se traduire par : le chemin pour être le meilleur dans un type de trick lié à l’Air Treck. Par exemple, la route lié au feu est liée à la rapidité. Si elle est reliée au feu, c’est que les roues peuvent générer du feu du fait de la rapidité à laquelle tournent les roues (oui, c’est un peu fumé comme raisonnement...)

 

Il faut être honnête, le début est plus que sympa. Même s’il faut bien reconnaître que l’auteur se drogue  un peu (beaucoup) quand il utilise la physique ou autre concept métaphysique pour justifier que des rollers peuvent générer de l’électricité ou des flammes ou stopper le temps et j’en passe. Le côté le plus affreux, c’est qu’il fournit tout un tas d’explication pour que ça ait un côté cohérent. Et que ça marche. Même s’il est évident que c’est totalement utopique et irréaliste dans les faits. En effet, pour obtenir de tels phénomènes, ses rollers devraient carrément avoir des centrales nucléaires en leur sein pour tourner. Et autant, ce genre de choses peuvent être facilement accepté dans ce magnifique manga qu’est Guunm, autant là, cela me semble normal que l’on trouve cela too much concernant ce manga. Et ça en devient gênant quand l’auteur nous sort un concept physique faux pour justifier le « pouvoir » d’un Air Treck. L’auteur dépasse donc parfois les limites de la « suspension consentie de l'incrédulité » à mes yeux. D’un autre côté, on peut faire remarquer que d’autres mangas nous ont habitué à bien pire dans ce domaine. Genre un NINJA qui s’habille en ORANGE ou une bande de pirates sympas. Ou un manga sur le saut à skis. Ah non, ce dernier est tellement irréaliste et mal foutu que si vous le croisez un jour vous n’aurez qu’une envie : le faire disparaître et que cette horreur ne soit jamais apparu sous vos yeux. C’est pour ça que je ne vous filerais même pas son nom pour éviter que vous soyez tenté de le lire.

 

Bref, jusqu’ici, on a un shônen bien sympathique, avec un héros qui progresse, se ramasse, s’améliore, customise son Air Treck, le tout avec dynamisme, humour et jolies filles. D’ailleurs, un point pour les filles : Oh Great est un ancien auteur de hentaï. Et même si une tendance à dénuder ces héroïnes ou leur mettre des tenues « hot » peut saoûler le lecteur, je pense qu’il y a une chose qu’on se doit de lui reconnaître : ses héroïnes sont de pures bonnasses. Enfin des vraies femmes et pas des gamines dans un shônen, et ça, c’est cool ! o/

 

Notons aussi, que, pendant les combats, chaque personnage est représenté par une entité (qui peut tout aussi être d’origine animale, minérale, végétal ou autres créatures légendaires), entité qui est bien entendu lié à la façon dont le personnage utilise l’Air Treck. Et c’est vraiment là où la beauté du trait de Oh Great explose. Ces représentations métaphoriques ont vraiment de la gueule et sont parfaitement utilisées. Ca donne un côté « Guerre des Titans » aux combats, insufflant une puissance certaine et une énergie sans faille aux air trekkeurs. Et évidemment, plus les héros s’améliorent et/ou possèdent des Air Treck puissants, plus leur entité métaphorique devient imposante et acquiert des tonnes de charisme, surtout que la mise en scène de ces dernières est particulièrement bien dosée et bien mise en valeur, sans qu’il y ait donc d’abus.

 

Puis vint le milieu de l'histoire :

air_gear.jpg

 

 

Mangaobama.jpg

Oui, c’est bien Obama qui devient un personnage secondaire important de la série en tant que Président des Etats-Unis. Non pas pour lutter contre des extraterrestres ou des robots mais parce qu’il faut maîtriser l’Air Treck, qui peut être une arme qui peut REGNER SUR LE MONDE.

 

Et là, vous avez la joie de découvrir le côté violeur de cerveau de Oh Great et de facto… Sa capacité à rendre des situations 10000 fois plus compliquées qu’elles ne le sont déjà. Du genre, pour reprendre le début :

  • les jolies filles se retrouvent à poil parce que c’est super efficace pour customiser les Air Treck. Solution de facilité pour du fanservice ? Totalement. Sauf qu’après, ça cause pendant 2 plombes sur le comment du pourquoi on se prend pour Peter Pan en se mettant dans une église et la capacité de la demoiselle à résonner avec les harmoniques de l’Air Treck et de l’utilisateur afin de produire un truc too much – et là, vous n’avez qu’un quart du schmilblick….

  • Les héros restent sympas. Le seul truc qui ne bouge pas trop en fait.Enfin… Les méchants qui ont devenus potes sont aussi généralement cleans. Si on excepte ceux qui ont des personnalités multiples, ceux qui sont pcyhopates, et autres joyeusetés

  • les méchants ne sont pas les vrais méchants parce qu’en fait, ils combattent un méchant encore plus méchant dont personne n’aurait pu penser qu’il était un méchant. Sans compter qu’en fait, le méchant a fait tout un plan de méchant tellement compliqué que ça en est tellement déviant que l’on ne sait pas trop si c’est méchant ou tout simplement stupide. Le méchant se tape aussi une gentille qui ne sait pas qu’il est méchant tout en se mettant de son côté de méchant parce qu’il était sympa plus jeune. Et le méchant fait aussi popper des personnages méchants quand ça l’arrange qui ont tous des raisons d’être méchants en plus d’être légèrement psychotique sur les bords.

  • Le dessin reste joli, mais voir Obama agir comme une lycéenne japonaise suite à un retournement de situation, ça a de quoi laisser perplexe quand même.

 

Techniquement, c’est digérable. Il faut juste être prêt à en prendre plein la gueule souvent et que ça parte dans tous les sens sans que ça soit parfaitement justifié. Sois on aimera ce côté too much, soit on détestera. Là, ça reste du goût personnel. L’avantage, c’est que la série étant longue, il y a suffisament de délayage pour digérer un peu les évènements. Je doute que "Enfer et Paradis", une autre série de l’auteur, permette ce genre de chose. En tout cas, à partir d’un moment, c’est sans cesse que ce genre de surprise arrive.

 

Et donc, pour suivre la fin, ça donne :

  • Prendre un aspirine et suivre attentivement les propos des personnages (et priez pour que la traduction soit bonne)

  • Renoncer à comprendre et juste lire.

 

Je dois reconnaître : j’ai choisi la deuxième option. Dans le dernier arc, j’étais un peu lassé. J’avais l’impression que la série tournait en rond. Du coup, je n’ai pas fait d’efforts pour essayer de comprendre ce qu’il se passait, et de ce fait, l’enchaînement des évènements paraissait sans queue et sans tête. Et totalement inintéressant.

Quand est alors arrivée la dernière page, je dois reconnaître que… Je n’ai strictement rien ressenti. Alors que d’habitude, j’ai toujours une petite émotion quand j’arrive à la fin du série, même si elle n’est pas formidable, là, je suis resté étrangement neutre. Je pense qu’il faudrait que je la relise à tête reposée, cela se passera sans doute mieux, vu que j’étais en rush quand je l’ai parcouru. Car là, je m’auto-déçois presque là. Est-ce que ça vaudrait dire que la fin était mauvaise ? Ce n’est pas eu l’impression que j’ai eu non plus.

 

Et donc ?

 

Et bien, si vous aimez les trucs qui se compliquent la vie ultimement, les retournements de situation plus ou moins utiles, les trucs dynamiques, les filles à moitié à poil, la baston et les rollers, Air Gear est fait pour vous.

Les autres…. Y trouveront aussi leur plaisir de manière inégale suivant ce qu’ils aiment dans la liste précédente.

 

 

Bon, il faudrait quand même que je finisse de lire les "Enfer et Paradis" du même auteur un de ces jours. Et faisons un hommage à Mr Trolololo qui a décidé il y a peu pour finir. Car bon, entre les histoires d'Oh Great et lui, il doit y avoir quelque chose de commun. Je crois.

Par Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir - Publié dans : Manga/Anime/JVs
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