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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:58
Une fois n'est pas coutume, je vais parler de notre cher président.

D'habitude, je parle rarement du sujet parce que sinon ce serait une longue des bêtises gouvernementales, mais des morceaux d'un de ces derniers discours me sont revenus en mémoire ce midi, qui ont fait tilt dans ma tête (ie, faut que j'écrive quelque chose dessus).

Je cite :

"Quand j'entends nos écologistes parfois dire qu'ils vont faire campagne sur le thème de la décroissance, est-ce qu'ils savent qu'il y a du chômage? Est-ce qu'ils savent qu'il y a de la misère dans le monde? Est-ce qu'ils savent qu'il y a près d'un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim et que la décroissance ça veut dire plus de misère pour tous ces gens-là ?"

Mon premier réflexe, c'est de sortir l'image qui suit :


Ou autre, "Kill it with fire !!!"

Voire envoyer Gamera faire une descente à l'Elysée pour le lulz.

Heureusement que l'écologiste en chef du moment a quand même répliqué.

Et après, la droite s'étonne que l'écologie soit plus proche de la gauche que de la droite alors que c'est une affaire qui concerne tout le monde.

Ben oui, mais non. Pour reprendre le schéma classique droite/gauche, on peut résumer les choses ainsi : primauté de l'individu sur le collectif pour la droite, primauté du collectif sur l'individu. Soyons hônnete, dans ses excès, aucune de ses deux solutions sont porteuses pour le genre humain. La solution qui est sans doute la plus pérenne dans un futur prche est celle schématisée par Isaac Asimov  dans "Fondation". Sans trop spoiler, je peux dire que Internet rentre parfaitement dans la théorie Gaïa, d'ailleurs, ce qui prouve à mon sens que petit à petit, on se dirige vers ce type de civilisation.

Mais l'écologie donc. Pourquoi la gauche est naturellement plus proche de l'écologie que la droite ? Tout simplement parce que l'écologie, dans son état actuel, fait passer la collectivité avant l'individu. Ce qui constitue un point de clash un peu lourd d'entrée de jeu. Mais qui peut se contourner avec un peu de souplesse d'esprit et un abandon d'un manichéisme primaire à la Lefebvre ( et sans mauvaise foi de surcroit ). Après tout, une personne est rarement monolithique.
Sauf que le deuxième point est bien plus difficile à gérer. Ce dernier concerne la relation entre économie et écologie. Et c'est là que le bât blesse malheureusement. Pour la droite, l'économie reste supérieure à l'écologie (pour la gauche aussi, ne soyons pas idiots, mais son passif fait qu'elle accordera naturellement plus de place à l'écologie vu que le grand capital n'est pas vraiment son ami pour le domaine social et qu'en plus, ce sont eux qui ont fait le premier pas vers les Verts).  Le truc, c'est qu'actuellement, entre les ressources consommées, celles produites et celles jetées, la décroissance EST le système le plus écologique qui soit. Donc forcément, les verts sont un peu obligées de suivre cette doctrine s'ils veulent aller au bout de leurs convictions. Sinon, on peut parler de développement durable (la différence entre les deux en passant), ou faire côtoyer l'économie et l'écologie comme le soutient Corinne Lepage, qui, je pense, est quelqu'un de très bien.

Mais voilà le mot maudit par la droite, qui ne réalise pas que cette différence de vision du monde, est finalement la fracture la plus violente qui puisse exister entre écologie et la droite. La droite ne croit qu'en la croissance. Tout autre schéma est forcément voué à l'échec à leurs yeux. Ou plutôt, devrais-je dire, la croissance est le seul moyen qui permette de maintenir une société viable. Si je devais prendre un raccourci, la vision de la droite de la société, c'est comme la télévision : il faut qu'il grandisse de taille régulièrement. Ou, autre cas plus simplement, le cas des PCs : la société ira bien tant que leur puissance sera doublée tous les deux ans. Ce qui, outre le fait que ça sert à rien à part se palucher sur des images plus propres et que ça permet aux jeux vidéos d'être de moins en moins créatifs, car tout ce qu'il y a à faire, c'est juste faire un jeu vidéo plus beau mais pas plus intéressant, me semble être une des aberrations communes de notre société. Aberration dont l'existence est effacé sous le prétexte du progrès. Mais là, le souci, c'est qu'on a une notion de progrès qui permet de couvrir du futile.  A mes yeux, quand on utilise la notion de progrès, cette dernière recouvre un progrès pour l'humanité, et je considère qu'un Personnal Computer (le gras est voulu, car il y a des filières qui nécessitent réellement des ordinateurs plus puissants, spécialement dans le domaine des sciences) plus puissant que le précédent n'apporte rien à son utilisateur à par du cosmétique.

Le lien avec la décroissance donc ?

Et bien, un des principes de la décroissance, c'est de moins consommer. Contrairement à ce qui est dit, le principe de la décroissance n'est pas d'entrée en récession. Non, c'est juste d'avoir une croissance plus modérée (là où le développement durable parlera de trucs plus propres). Sauf que pour des types qui ne croient qu'à la croissance, vouloir modérer la croissance, c'est blasphématoire. Et ils ne cherchent pas plus loin. Forcément, la décroissance valorise moins l'argent. Pire, ça nécessite que les humains se prennent en charge. Et doivent manger autre chose que des steack frites. Etre moins soucieux du "cosmétisme" de la société. Revaloriser ce qui est proche et exploitable. Etc...

La décroissance, c'est une apologie de la modération. Si se modérer, suffit à foutre tout le système en l'air, c'est que ce système est sacrément pourri.

Mais puisqu'il faut un exemple convaincant : les bulles financières. Ces dernières se caractérisent par une croissance exacerbée jusqu'au point de rupture qui provoque des crises qui font exploser les stats de chômage et autres.
Si on appliquait la décroissance sur ces bulles, le résultat serait simple. Ca serait plus lent. Alors oui, il y aurait moins d'embauches dans ces secteurs, mais il y aurait aussi beaucoup moins de licenciés quand la bulle pète. Et autre chose, on pourrait éviter que la bulle pète vu qu'on aurait largement le temps de voir venir les déboires.

En résumé...
Pour la droite, décroissance = récession.
Pour les écolos, décroissance = moins de croissance.

Donc théoriquement, vu que la décroissance permet la croissance, la droite devait pouvoir se rapprocher des écolos. Mais en fait non, vu que limiter la croissance, c'est faire de la récession pour eux. Même pas besoin de discuter...

Et si le système est infoutu de créer plus d'emplois qu'il n'en détruit alors qu'il est en CROISSANCE, alors franchement...



Et pendant ce temps, la fille aux cheveux verts prépare son retour. Enjoy !

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Published by Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir - dans Ecrits Sans Sens
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Mary 10/12/2009 13:04


Coucou,
comme tu le sais Marjoliemaman est sous le coup de la Loi de l’emmerdement maximum, dixit MMM son mari. Avec Roxane et la Mère joie on s’est dit qu’on pourrait lui envoyer une carte groupée avec
des petits messages de ses lecteurs pour essayer de contrecarrer son mauvais Karma. Si tu veux être sur la carte envoi moi un mail ici mrmancelle(@)yahoo.fr avant dimanche soir pour que je puisse
envoyer la carte lundi matinN’oublie pas de me préciser tes pseudos et adresse de blog pour qu’elle puisse faire le lien.. Bises et schuttt c’est une surprise


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