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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 06:00

Oh, encore un retour sur une polémique inutile. C'est bon. Mais ne soyons pas taquin, ni tricheur, ni de mauvaise foi. Commençons par nous détendre avec une musique agréable de Suikoden... et nous aimer les uns et les autres. Je sais que c'est un peu enfoncer le clou quelque part, vu que Smog et Gemini ont déjà dit la majorité de ce que je voulais dire, mais bon... Je n'allais pas laisser tomber cet article commencé juste pour cette raison. La MOTIVATION est là, autant en profiter :)

 

Cet article est un morceau du précédent. Et il a un peu muté. Sûrement à cause du pouvoir du MOE !!!!

 

Ah oui. C'est un gros article quand même.

 

 

 

Comment tout a commencé...

 

 

Le moe... Si la blogosphère était bien calme ces derniers mois, son début d'année a été particulièrement orageux à cause de ce dernier. Tout a commencé par une demande un peu naïve et taquine qui a mis le feu aux poudres. Les commentaires se sont forcément enchaînés avec délicatesse et intelligence (ou pas, votre humble serviteur se contentant de tirer le débat vers le bas de manière aléatoire). Ce qui a entraîné un autre coup de gueule d'un fanatique de fille plate (mais pas forcément de loli, attention), tandis qu'un troisième faisait l'éloge de l'amour. Ce qu'il en ressort, c'est que j'espère que cette histoire n'est pas la cause premium de l'arrêt temporaire du blog de la première personne. Parce que :

1) ça serait vraiment dommage parce que j'aimais bien ses écrits,

2 ) je ne sais même pas quoi faisait référence son image (ah en fait si, il l'a ajouté après),

3 ) ????

4 ) PROFFIT !!!

 

Ceci dit, si je devais synthétiser la problématique des anime moe, je distinguerais à minima 3 camps :

 

yotsubayes

- ceux qui les aiment

 

 

 

 


yotsubanono

- ceux qui abhorrent ce style/ceux qui en sont lassés/ceux qui l'accusent de mener le moe à la mort de la japanimation

 

 

 moe gurren lagann


- ceux qui s'en foutent/ceux qui râlent contre ceux qui râlent/ceux qui préfèrent en rire  (ce dernier étant mon groupe à moi) 

 


L'un des problémes premium des débats sur le moe, c'est que le groupe 2 est particulièrement au taquet sur ce sujet et qu'il est constitué de deux sous-groupes dont les intérêts de base ne sont pas les mêmes ( dans un cas, on a des gens qui n'aiment pas le style, dans l'autre, des gens qui s'inquiètent de l'évolution des animes) , mais dont les interventions finissent par aller dans le même sens. Leur côté consanguin me pousse à les mettre ensemble. Et pourtant, il me semble clair qu'une partie de ce groupe est versatiles dans le sens où, la situation que le moe a provoqué est telle, qu'il y a une attitude de rejet vis-à-vis de ce dernier. Et donc, si l'année prochaine, toute la production moe était remplacée par des animes sur des jeux (échec, go, Yu-Gi-Oh, que sais-je moi ???), ils en seraient satisfait et oublieraient leur inquiétude. C'est un peu comme remplacer du pâté de foie par du pâté de campagne quand quelqu'un commence à saturer du pâté de foie. Sur le coup, il sera content. Plus tard, par contre, il comprendra qu'il a été eu. Car dans les deux cas, c'est du pâté.

 


[ATTENTION MODE EGO]

Personnellement, le phagocytage des anime moe est franchement le dernier de mes soucis. Tout simplement parce que je ne crois pas que ce soit une fin. Et que quand le moe marchera moins bien, ce qui arrivera fatalement, des séries d'autres types seront produites. Bref, c'est juste une étape temporaire dans l'industrie qui va bien durer encore 5 ou 10 ans. En somme, pas de quoi fouetter un chat si on se place sur une échelle plus large.

L'autre point qui fait que je me contrefiche de cette grande présence des anime moe, c'est tout simplement parce que je ne suis pas un consommateur de masse des animes. Je ne suis pas un type pressé. Je ne suis pas un téléchargeur fou. J'aime ne pas me tromper dans mes choixs vu qu'habituellement, je dépense des sous pour mes séries, ce qui fait que j'essaye d'avoir un côté eclectique à peu de frais. Du coup, je dois regarder à peine une dizaine de séries par an, dont la moitié sont des achats français. La moitié restante est essentiellement constituée d'anime sortis il y a deux, voire trois ans, si ce n'est pas 30 ans. Je fonctionne toujours en décalage avec les sorties, mais ça me permet de recueillir des choix, des avis complets sur une série et de voir si elle vaut vraiment le détour. Car une série qui vaut le détour, on en parle encore dans un an ou deux, donc je considère que c'est une série susceptible de m'intéresser. L'exemple type qui illustre l'avatange de ma conduite, est Kannagi. Au début, quand la série a buzzé, je me disais que je la garderais dans un coin de ma tête, puis la série s'est finie et a déçu, et depuis, c'est tout juste si on se souvient de son existence. Pour moi, elle passe donc à la trappe sans remords.

L'avantage de fonctionner ainsi, c'est que si je met trop de temps à mater une série, et si elle est vraiment bonne, elle finit par sortir en France (exemple-type : Gurren-Lagann). Et là, je n'ai plus qu'à m'acheter mon coffret, chose que je trouve beaucoup plus agréable et pertinente que de télécharger. Bref, je suis gagnant à tous points de vue. Être en décalé d'un an ou deux ne me dérange pas (enfin, plus de 15 ans pour Manie Manie, j'aurai pris mon temps ^^") , j'aime bien voir les séries finies en une soirée de toute façon. Ce qui n'empêche pas que je suive les sorties actuelles et que j'en consomme une ou deux à l'occasion éventuellement. Mais dans mon mode de fonctionnement, je n'ai "besoin" que de une à trois séries par an qui soit intéressantes pour renouveler mon quota. Et cette année, ce dernier est déjà bien rempli entre Panty & Stocking With Garterbelt, Katanagari, Tatami Galaxy, Goyô et plein d'autres trucs...  Et quand je vois ce que j'ai encore à voir, en "vieux récent", entre Baccano, Seirei no Moribito, Kemono no Souja Erin, ToraDora (celui-ci est encore sujet à des débats internes tout comme Hidamari Sketch :p ), je n'ai pas l'impression de resentir une quelconque baisse de qualité (j'ai même un anime en visu pour 2011 ce qui est plutôt rare, et c'est Un Drôle de Père qui titille un peu ma curiosté pour le coup, sans compter le retour de Berserk). Donc ouaip, comme je suis quelqu'un de bon goût qui choisit bien ses animes ( je me jette des fleurs ? Totalement =D ), le problème du phagocytage par les animes moe est quelque chose qui me passe au-dessus de la tête. 

 

Le défaut de ma méthode, c'est que je risque de rater un bon anime en ne préoccupant guère de ce qui sort chaque année. Mais ça ne me dérange absolument pas. Car bon, j'ai même recroisé il y a peu des critiques sur les animes Shinigami No Ballad et Hanbun No Tsuki, deux animes que j'avais bien aimé il y a fort longtemps. Si même eux réussissent à ressortir du fin fond des ténèbres, je ne m'inquiète pas trop pour les autres.

Ce qui vaut un peu le coup, finit toujours pas ressortir. Pis de toutes façons, faut pas se leurrer, on ne pourra jamais tout voir. Y'a forcément des trucs que l'on ratera ( Bouuuuuhhh !!!!! Même Exelen n'a pas tout vu, ce qui en dit long et qu'elle mérite qu'on lui lance des tomates fraîches !!! :D )

 

Ceci dit, ce n'est pas une raison pour ne pas s'intéresser au sujet, ne serait-ce que c'est un peu le troll actuel. En tout cas, cette tendance ne m'inquiète guère, et je vais expliquer pourquoi maintenant.

[/MODE EGO]

 

 

 

 

 

Et hop, une ch'tite chanson pour partialiser ma vision des faits.

 

 

Mon point de vue à la base :

 

YotsubaDruid


 

Il y a deux points qui auront tendance à me pousser à ne pas "m'inquiéter" de la vague moe et combattre l'idée qu'elle représente un déclin :

 

- d'une part, il est totalement improbable que l'industrie ne produise qu'exclusivement du moe à moyen terme, 

- d'autre part, si les animes moe permettent de financer les trucs un peu plus ésotériques, je suis ravi qu'ils continuent à exister.

 

Après tout, le moe n'est que le mainstream actuel. Même un studio comme Gainax n'a pas hésité à fournir du mainstream et des travaux de commande à l'occasion, pour avoir des biftons qui leur permettrait de faire ce qiu leur plaît. Ca n'est pas quelque chose de nouveau en soit. La seule évolution actuelle notable, c'est que le marché est devenu plus concurrentiel du fait du nombre d'anime qui sort chaque année. Ce n'est pas pour autant que le nombre d'anime de qualité ou différent a baissé. Leur pourcentage est plus faible dans la masse de sortie mais leur nombre est toujours identique, à ce que j'ai remarqué. Pas plus. Pas moins. Donc bon, la mort de l'originalité à cause du fait qu'il y a beaucoup d'anime moe, ça me fait juste bâiller d'ennui. Ca va plutôt conduire à la fermeture de certains studios de production et ce seront les plus mauvais qui vont probablement y passer les premiers. Ca ne sera pas une perte en soi, les meilleurs resteront. Car il y a des anime moe d'excellente facture, bourrés de qualité. Et puis bon, la définition d'un anime moe reste encore bancale et inexistante. Après tout, d'un certain point de vue, on peut considérer que Sayonara Zetsubou Senseï est un anime moe, vu le nombre de moe mode qu'il se traîne. Comme quoi, anime moe n'interdit pas forcément originalité et qualité. Même s'il n'est pas impossible que SZS soit un peu ironique sur ce point. Ca mériterait des fouilles plus profondes à l'occasion (c'est-à-dire jamais).

 

N'empêche quelque part, je me demande s'il n'y a pas une exagération du phénomène. Car, autant ça me semble logique que quelqu'un comme Exelen qui bouffe énormément de choses, elle perçoive cette baisse de qualité cette tendance, autant pour la majorité de ceux qui mènent une fronde contre le moe... Je suis über-sceptique. Il suffirait de faire l'effort de choisir un peu mieux ses animes et le problème ne serait plu. Après, je ne vais pas vous expliquer quoi foutre quand il n'y a plus d'anime à regarder, vous êtes suffisamment grand pour ça.


Ceci dit, je comprends parfaitement que voir des gens trouver un anime où il ne se passe rien, passionnant ou BEST ANIME EVER, ça fasse crisser quelques dents. Quand on me sortait que High School of Dead était génial ou culte, j'ai sans doute été l'un des premiers à monter au créneau pour dire qu'il fallait arrêter de déconner quand même. Oui, je concède que ça puisse être sympa, mais après... Ca reste clairement un film de zombie de second rang, si je me base sur le manga, en plus d'être creux et empli de marschmallow en guise de seins. Donc bon...Ouep, c'est pas un anime moe, mais un sur lequel le hype dessus m'a fait crisser les dents.


Après, je ne vais pas discuter de l'intérêt ou non des anime moe. Ca déboucherait sur une bataille de goût pas intéressante. Et j'ai déjà suffisament jeté de pop-corn sur le sujet. Quoiqu'il en soit, dans mon cas, c'est quelque chose que je peux consommer à l'occasion. Ce n'est pas mon trip préféré, mais de temps en temps, c'est agréable. Râh, les Petites Fraises, c'est choupi, Azumanga Daioh, c'est rigolo ! ^___^

 

 

 

Les faits :

 

 

 

Il y a peu, Exelen a sorti son bilan de la décennie (partie 1 - partie 2) qui contient des graphiques intéressant. Cyberpenpen en a tiré un autre qui est lui aussi tout intéressant. Je les remets ci-dessous :

 

 

sorties-d-anime-2000---2010--nombre-.png

sorties-d-anime-2000---2010--type-.png

 

sorties-d-anime-2000---2010---pourcentage--.jpg 

 

 

Et ces graphiques sont particulièrement intéressants, car ils révèlent plein de choses, dont nombre de vérités et de contre-vérités que l'on peut entendre ici et là.

 

Je ne pense pas mettre un biais trop important sur les données en considérant que les animes moe ont tendance à être principalement produits par la courbe marron et verte, ainsi qu'être présent en partie dans la courbe violette (quoique... J'aurai du mal à foutre Bible Black dans le moe mais bon :p ). La courbe bleue est la plus intéressante vu que c'est celle qui dénote le plus du travail de création par définition.

 

Et ce qu'on peut voir, c'est que sa part dans les productions nipponnes se casse la gueule depuis plus longtemps que l'arrivée du moe en masse. Ce n'est donc pas vraiment un fait nouveau (et qui daterait de 2006) que la création batte de l'aile. C'est plus vieux que ça. Si cette baisse était invisible depuis 2000, c'est qu'elle était compensée par le fait que le secteur était en pleine expansion et que le nombre de productions originales était donc artificiellement tiré par le haut (ce qui explique le petit passage 2005 - 2006). Et forcément, après l'explosion de la bulle de 2006 ( année record en terme de sortie ) qui a conduit à la chute de la production, la courbe revient à son niveau logique et à sa décroissance continue. Si cette année 2006 n'a pas énormément tiré vers le haut la courbe de création, c'est dû au fait que les suites ont explosé et que les Light Novels ont commencé à vraiment enter dans le marché. Après, elle a subi la crise. Les productions originales sont les premières à morfler dans ce genre de cas. On se rabat sur les choses dont on sait que l'on peut être sûres qu'elles vont marcher un minimum, vu qu'il y a déjà une base de présente (en résumé, les adaptions et les suites).

 

Théoriquement, ça aurait dû être la courbe d'adaptation de manga qui aurait dû le plus profiter de cette chute, vu que c'est le support qui touche le plus grand public. Sauf que cette dernière a un problème : la source commence méchamment à se tarir. Alors, certes, la solution est d'adapter de façon courte les nouvelles séries, mais ça reste léger. Ca permet des sorties, mais ça reste un peu insuffisant. L'avantage, c'est qu'en adaptant les séries de façon plus courte, il est plus aisé pour les financiers (et en temps de crise, on a souvent recours à ces types) de voir s'il est intéressant de sortir la suite de la série l'année d'après, quand le manga aura repris suffisamment d'avance pour continuer l'adaptation (c'est l'une des causes premières de l'explosion de la courbe violette). Ca permet d'avoir une fiscalité plus souple. Mais ça ne change pas le problème de fond : la source est hachement moins productrice qu'avant quand même.

 

C'est un peu le même problème que rencontre les éditeurs français de manga depuis quelques années, en fait. Une fois qu'on a pillé tous les succès et autres, on sort quoi ? Ben, autre chose. Soit des trucs moins connus comme l'on fait les éditeurs français, soit on s'intéresse à un autre support comme l'a fait l'animation et, donc, c'est ce qui a vraiment marqué l'arrivée des fameux Light Novels, Visual Novels, et autres.

 

Ces derniers ont actuellement une part qui doit avoisiner les 50% du marché (25% pour les courbes marron et vertes, et 25% qui est lié soit aux suites, soit aux adaptations de manga moe (genre les animes harem) et sans doute une part des créations originales). Ce qui laisse quand même de la place pour autre chose, même s'il est difficile de nier leur prédominance.

 

Donc ouep, ça confirme un peu mon ressenti. Les animes dit moe ne sont qu'un simple facteur au milieu d'une évolution plus globale. Et pas un facteur déterminant sur la chute des créations originales. C'est juste un nouveau type qui s'est installé sur le secteur, qui a plus bouffé la part d'un peu tout le monde, ce qui est de bonne guerre. Les créations originales, elles, se sont faites bouffées par un peu tout le monde finalement. Les suites leur portent le coup de grâce depuis deux/trois ans, en 2005, c'était la combinaison des adaptations manga et de Light Novels... Quand la courbe des Visual Novels/eroge, elle n'a strictement quasiment aucun impact sur les créations originales vu que lors de sa montée entre 2002 et 2004, la courbe des créations originales n'est pas vraiment impactée par son arrivée. Et après, la production des adaptations de VN reste stable alors que la courbe des créations chutent sans cesse.

 

Personnellement, j'aurai tendance à voir la courbe des adaptations mangas chuter à 20/25% au profit des suites et des Light Novels. On voira l'année prochaine.

 

Par contre, il reste un point intéressant à étudier : pourquoi le genre moe marche-t-il si bien au point qu'en moins de 5 ans il a pris une place non négligeable sur le marché ? Naon, la multiplication des animes harems n'explique pas tout :p

 

 

 

 

Et hop, une autre musique calme pour continuer le bousin (tiens, je viens de m'apercevoir que, par défaut, tous mes liens s'ouvraient dans la même fenêtre. C'est pourri. Enfin bon, par défaut, j'ouvre toujours tout dans un nouvel onglet, j'imagine que les gens font pareil ^^ ).

 


 

Le moe, un phénomène de mode sociétal ?

 

mikuru-the-motivator.jpg

 

Alors, pourquoi le moe marche-t-il si bien actuellement ?

Le premier élément de réponse qui me vient, est cette fameuse définition de la génération Y (à laquelle j'appartiens et à laquelle j'aurai aussi tendance à associer en partie la génération de mon âge au Japon). On reste donc de grands enfants quelque part et les enfants peuvent se contenter de choses sucrées (oui, c'est court comme argument, mais je ne le trouve pour autant pas si infondé pour autant).

 

Un deuxième élément de réponse se trouve dans le fait que la situation actuelle mondiale ne pousse guère à l'ambition ces dernières années. Et même au niveau national, ce n'est guère brillant. Ce n'est pas une nouveauté qu'il y a d'années en années, une perte de confiance des citoyens en leur système étatique. Entre autre, le fait que les scandales politico-financiers semblent n'avoir jamais de termes, sans compter l'impression que les coupables ne sont jamais punis. Le Japon le prouve assez bien, pour regarder à l'extérieur. Ajouter à cela le fait que même les hommes politiques ne semblent plus guère avoir beaucoup de leviers pour diriger l'économie, ça donne une représentation assez fidèle de la vacuité des états. Et cerise sur le gâteau, depuis les attentats du 11 Septembre, une vague de fond sécuritaire et de la peur de l'autre envahit nos écrans sans fin. Entraîner les gens dans une idée de danger permanente, et que autrui est ce danger, ne pousse guère à avoir confiance dans le monde que nous évoluons. Ce qui a pour conséquence de pousser les gens à se replier sur eux-mêmes. Et là, le moe offre une réponse plaisante et rassurante. Dans ces animes, il y a rarement de haine ou de guerre. Un peu d'humour, de simplicité, de tranche de vie. Les animes moe, pour la conception que j'en ai, sont tout simplement rassurants. Ils offrent la sécurité dans un cadre bien défini où tout est principalement joie et amusement, le tout saupoudré un peu d'autres émotions afin de faire vibrer les téléspectateurs. Ces animes offrent une image en contre-point avec le côté grisâtre de la société. Et que même si tout semble sombre, il y a encore des espaces de joie et de naïveté (surtout à une époque où la naïveté est plus perçu comme une faiblesse que comme un point fort, vu que les naïfs sont ceux qui se font exploiter par défaut).

 

Un troisième élément repose sur le principe de confort. L'utopie est inaccessible pour l'être humain, car il a toujours de nouveaux besoins qui naissent une fois que les autres sont comblés. Dans l'état actuel des sociétés de type occidental, vu que l'on a déjà couvert les problèmes de bouffe et d'hébergement (en gros), la notion-clé actuellement est l'information est le confort jusqu'à son stade ultime. En somme, le fait que rien ne nous dérange, que l'on profite tranquillement de la vie comme on en a envie. La liberté totale quelque part. Cette notion a pour conséquence de vouloir bannir les notions de souffrance et de tristesse qui peuvent nous toucher. Oh, c'était déjà le cas avant. Mais disons que le confort matériel a permis d'échapperà nombre de souffrances plus classiques, du coup, il n'y a pas de raison de vouloir faire disparaître celle qui font de la résistance. Le but n'est pas de totalement l'éliminer vu qu'elle est indissociable au principe de l'émotion, mais de l'édulcorer quelque part, qu'elle soit moins présente. Chose qui est le cas dans les animes moe.

 

Le quatrième élément est un peu la conséquence des autres points. Vous savez, le fameux "La société devient de plus en plus individualiste". Ce qui est probablement vrai (je ne vais pas vous ressortir les stats sur le nombre de parisiennes célibataires, y'en a trop tout simplement), mais le souci majeur que cela entraîne, c'est forcément le développement de carences affectives. L'être humain est un être grégaire, que l'on ne le veuille ou non. De ce fait, plus le nombre de personne "seul" pour diverses raisons (comportementales, sentimentales, sociétales, autres) augmente, plus la carence affective moyenne de la population grandit. Le net a permis de combattre une partie du problème, mais ça reste quand même des échanges virtuels. Les animes moe en sont aussi, mais ils ont l'avantage de fournir des personnes à "affectionner" sur un plateau. Tout est fait pour qu'on aime ses personnes, qu'on ait de l'affection pour eux. Ce qui répond à un manque qui touche de plus en plus de gens.

 

Un cinquième élément repose sur le fait que ça renvoie une image de ce que l'on aurait pu vivre, aimerait vivre, ou à des souvenirs passés. Comme tous les animes certes. Sauf que les animes moe sont plus proches de la réalité que ne le serait un anime de gros robots par exemple, ou un anime qui se passe dans un autre univers. De ce fait, il est plus facile d'y replacer des éléments de sa propre vie ou de souhaiter que sa vie soit actuellement ainsi, ce qui ne semble pas impossible en soit. Sa proximité avec le réel ne me semble pas un point à négliger. Ne serait-ce que parce que observer la vie des autres, c'est dans l'air du temps, l'explosion de la télé-réalité est un exemple pertinent ( bon, par contre, je ne vais pas m'amuser à expliquer pourquoi ça marche, sinon, on n'est pas couché...).

 

Un sixième élément est la notion de rêve. Ben vi, la société devient de plus en plus matérialiste. Ce n'est pas la chute des religions qui vont me démentir. Ce point peut tout aussi bien pousser les gens à rêver d'autant plus, ou se complaîre dans cette réalité. De ce fait, les animes plus terre-à-terre peuvent utiliser ce dernier point à leur avantage. Vu que le matérialisme s'ancre de plus en plus dans la société, il est logique que petit à petit, on s'intéresse de plus en plus à ce qui fait nos vies, en somme, ce qui est proche. La télé-réalité s'inscrit ausi dans ce registre.

 

Je pense avoir fait le tour de la question. Il y aurait sûrement d'autres éléments à ajouter niveau sociétal, mais, tout de suite, je n'en vois pas. Donc oui, le moe tire une partie de sa réussite à cause de la société actuelle, des défauts de cette dernière, répondant aux peurs existantes. Bien sûr, ce ne sont pas les seuls éléments qui font leur réussite. Il y a aussi le fait que c'est meugnon, que c'est lié à la notion de voyeurisme inhérente à toute histoire, et plein d'autres trucs. Mais c'est un point qui n'est pas à négliger à mon sens. Pour illustrer un peu plus mon propos, je vous renvoie à ce texte d'Alexandre Soljenitsyne, qui bien qu'il ne soit un personnage dont on ne peut tout approuver, a une vision assez lucide de la démocratie version humaniste quelque part. Ce texte, que je viens de découvrir après avoir écrit mon article, étaye certains de mes éléments précités de manière bien plus intelligente que je ne saurais le faire. Finalement, les problèmes qu'il dénonce ont tendance à ressortir pleinement quand tout ne va pas parfaitement "bien".

 


Conclusion ?

 

Let's Rock, baby !  

 

 

gundam-heroes-motivator.jpg

 

 

Même si je n'avais pas remarqué à quel point il avait progressé, la présence des animes moe ne semble pas si grande que ça. C'est un genre qui a sa place et qui a trouvé sa niche écologique. Je reconnais que les graphiques sur lesquels je me suis basé et les conclusions que j'en tire ne sont pas parfaites. Ne serait-ce que parce que, actuellement, la définition même d'un anime moe est sujette à caution. Et que je ne peux affirmer que la part que je leur donne soit parfaite. Si ça se trouve, c'est en-dessous de la réalité. Ou au-dessus. Je vous renvoie sur le texte que j'ai linké juste avant pour savoir prendre un peu de recul sur ce que je viens de dire, tout le passage sur la presse correspondant aux doutes que j'émet. 

 

Personnellement, je vois les animes moe comme une évolution des animes de type harem où on a viré le perso principal (qui, de toute façon, sert souvent à rien, vu comment il est souvent transparent), dans certains cas. J'aurai tendance à penser que ce sont les anime harem qui souffrent finalement le plus de cette arrivée, même si ça reste un genre toujours aussi présent.

 

En tout cas, la fronde contre le moe ne me semble pas particulièrement justifiée. C'est juste un type d'anime qui a pris sa place, en bouffant de la place à tout le monde, ce qui est logique.

Le souci, c'est qu'il a un style d'histoires un peu aux antipodes de ce qui s'est fait principalement jusqu'à maintenant, car il n'y a pas vraiment de buts ni de fins en soit. Pour résumer, le moe est un genre d'anime d'aventures avec un petit "a", tandis qu'avant, on était plus dans le registre des aventures avec un grand "A" (ouip, même dans le cas d'un anime harem classique). Forcément, cette approche suffit à cristalliser les tensions, surtout à cause du fait que ce genre a son succès, bien qu'il n'offre pas de grandes leçons de vie ou une bonne vieille morale des familles et qu'il ne possède même pas une once de concept de héros, tel qu'il est défini traditionnellement (chute spirituelle qu'il dit le Alexandre - ouip, plus ça va, plus le me rends compte que je kiffe son texte, tant il a correspondu à ce que j'ai écrit :D ). C'est ce qui définit sans doute le mieux le concept d'anime moe, en plus de son côté actuel, semi-réaliste. Et dire qu'un genre est supérieur à l'autre, c'est tout simplement présomptueux. Par contre, le genre qui a/aura/a eu le plus de succès, reste  encore celui qui mélange les deux : des aventures dans une grande Aventure, comme par exemple le cas de Haruhi Suzumiya ou Macross. Haruhi ayant plus de petites aventures qui émaillent une trame de fond, Macross ayant d'abord une grande aventure, meublée par des petites aventures. J'ai hésite à mettre Gundam à la place de Macross, ce qui aurait été plus logique vu le succès de Gundam, mais -outre mon sale côté fanboy de Macross- la notion des petites aventures me semblent plus poussées dans Macross, ne serait-ce qu'à cause des triangles amoureux. Ceci dit, la relation entre Char Aznable et Amuro Ray tient sûrement parfaitement la comparaison, mais la connaissant moins, j'ai préféré ne pas me baser sur cette dernière.

 

Après, l'utilisation du moe dans d'autres types d'anime que les animes moe, ne me semble pas être un élément totalement pertinent pour critiquer le moe dans sa globalité. A mes yeux, ça ne reste que du fan-service de bas étage, ce qui est ni positif ni négatif. Au moins, au lieu de devoir me taper des petites culottes ou des seins qui bougent systématiquement, j'aurai maintenant du : seins qui bougent/moe/petite culotte/autres. Limite, ça enrichit le fan-service, ce qui n'est pas forcément un mal en soit. La problématique reste la même que pour tout fanservice : savoir les utiliser intelligemment pour qu'il soit vraiment efficace.

 

Un autre point en passant, certains s'étonnent de l'intérêt que l'on peut avoir à débattre sur le sujet. Après tout, ceux qui mènent une fronde contre le moe n'ont guère de chance de changer l'industrie japonaise de l'animation. Quelque part, une explication peut se trouver du côté d'une phrase d'Edmond Rostand qui a écrit Cyrano de Bergerac  :


"Que dites-vous ?... C'est inutile ?... Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l'espoir d'un succès ! Non, non, c'est bien plus beau quand c'est inutile !"

 

Ce qui s'applique aussi à cet article quelque part, je me doute qu'il ne convaincra ceux qui ne sont pas d'accord avec la vision que j'en ai tiré de la japanime.

 

 

A mes yeux, le déclin de l'originalité est plus à rechercher sur le fait que l'animation est devenu une industrie de plus en plus grosse ces dernières décennies avec les conséquences que ça entraîne ( rationalisation des coûts, assurer aux investisseurs des rentrées d'argent sûres, etc... ). L'explosion qui a résulté de la suite du trop-plein de 2006 n'est finalement que la suite logique d'une industrie qui a monté trop vite en puissance, boostée par des investisseurs à la recherche de la poule d'or. C'est un peu comme la bulle internet des années 2000 qui a conduit à la mort de nombreuses start-ups. Maintenant, elles vivent très bien, sans excès, avec leurs success-stories et leurs échecs. Alors qu'avant 2000, on ne pouvait quasiment que réussir. Il y aurait d'autres trucs à pointer, mais ce n'est le sujet de l'article. Un jour, ptêt que je reviendrais un peu plus sur le sujet, mais bon...

 

Pour conclure définitivement, si l'augmentation du moe ne me gêne pas, c'est parce que, je pense l'avoir explicité, il est dans l'air du temps et de ce fait, à moyen terme (5/10 ans), il va sous doute redescendre en terme de quantité. Un peu comme les animes de grorobots sont bien moins présents maintenant qu'il y a 20/30 ans. C'est un passage comme un autre dans la japanime, ce n'est ni bon, ni mauvais, c'est une simple évolution. De là à prétendre que ça marque le déclin de la japanim et surtout, en est la cause numéro 1, il me semble clair que, après tout ce que je viens de dire, c'est un raccourci tellement misérable intellectuellement que je ne le relèverais sans doute plus. Enfin... Je me moquerais deux fois plus d'avant des gens qui s'en "plaignent", on ne se refait pas :)

Jusqu'à que je meurs ou que l'on me trouve mieux ! (ouip, c'est une dédicace à Starship Troopers).

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Published by Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir - dans Manga-Anime-JVs
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commentaires

QCTX 18/01/2011 14:31



> Un jour Rukawa, je te ferais un article qui te permettra de comprendre toutes les branches philosophiques portées
en arrière-plan par les tonkatsu.


OK, alors là, je demande vraiment à ce que tu tiennes parole au plus vite. Parce que franchement, la portée philosophique du...
fond d'une assiette, je demande franchement à voir.


Ah, et je me contrefout de la portée des arrière-plans de tokusatsu comme de savoir si l'industrie moe avalera un jour la
production japanime actuelle. Si c'est le cas et que ça me gonfle, je trouverai des films et des séries ailleurs.



Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 18/01/2011 16:29



Ca dépend. Assiette en papier ou en procelaine ? Propre ou sale ? Fin ou milieu de repas ?


Rien le fait que l'on puisse se poser autant de questions sur la nature de l'assiette avant même le début du débat, en dit long sur la qualité des réponses qui sont à fournir :D



Gemini 18/01/2011 11:41



Amrith >> Je n'ai jamais prétendu que Tezuka faisait du moe (ou approchant) uniquement pour le moe ; ce n'est jamais qu'un moyen ou un simple élément dans une masse infiniment plus vaste.
Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit ;)



Amrith 16/01/2011 21:36



> "Gemini a quelque part raison quand il rappelle que le concept commence même depuis Tezuka."


 


Rétrospectivement les personnages 'moe' existent certes depuis Tezuka, mais Tezuka ne faisait pas de manga ni d'anime à fonction 'moe', c'est là toute la différence que Gemini
oublie. Jamais Tezuka, qui était l'incarnation du story-telling et du message impératif, n'aurait toléré des fictions reposant entièrement, et même partiellement, sur le 'moe'. Ni
même les nouveaux processus de création articulés en premier lieu sur la valeur meme-design. Dans le cas de figure le plus soft, il aurait appelé au
développement d'un 'moe' narratif très différent de ce que nous connaissons, de la même manière qu'il reprochait au gekiga sa neutralité axiologique. Mais personnellement, pour avoir
longuement sondé l'oeuvre de Tezuka, je crois qu'il serait allé plus loin que ça, en dénonçant ouvertement l'industrie du 'moe' dans le discours et peut-être jusque dans ses
titres. Sa parole était d'autant plus critique que Tezuka s'auto-concevait en tant qu'auteur, en tant qu'artiste inscrit dans le cadre ouvert de la bande-dessinée et de l'animation
internationales, et non en tant que majordome de tel ou tel fandom. Son horizon à lui n'était pas le Comiket.


Merci pour la proposition, mais je ne suis pas intéressé pour le moment. Le coeur du fandom moephile est japonais et américain, ce sont eux qui devraient regarder le sujet de près. 



Aer 16/01/2011 18:09



Je disais chez Exelen que l'on était des adultes, et tu dis que l'on est des gamins.


Conclusions : fan d'anime = adulte /fan de moe = gamin.


Le gamin écoute et obéit à l'adulte.



Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 16/01/2011 21:15



Petit trolleur va. :D


J'aurais plutôt dit : ceux qui sont bornés dans les discussions = gamin / ceux qui savent remettre en cause leurs avis = adulte.



Sonocle Ujedex 16/01/2011 15:04



(je suis assez somnolant mais j'ai voulu commenter quand même)


Il y a tout un refuge, une obsession, une névrose qui s'est créé au Japon autour du mignon, du kawaii.


Le kawaii fut l'un des principaux refuge du Japon post-bombe nucléaire, un refuge intimement lié à son syndrome paradoxal de culpabilité et de victimisation qui a été tant et tant analysé par les
intellectuels du monde.


Le kawaï est un prédominant dans la société japonaise ; je parle pas que des trucs comme Hello Kitty!, Pokémon ou les mascottes de dessins animés qui ont un succès monstrueux (les firmes Sanrio
et San-X sont parmis les plus puissantes du Japon, voir d'Asie), mais aussi de l'environnement urbain japonais où même les plots de sécurité routière son tout choupi souriant, où des femmes de
20/30 ans se sentent obligés de parler avec une voix plus aigüe et enfantine pour charmer les hommes (et je te parle pas des idols, c'est trop évident), et où les institutions les plus sérieuses
et solenelles se sentent obligés d'avoir une petite mascotte mignonne pour les représenter. C'est aussi ce genre de mentalité qui a mené vers la dérive lolicon, où mignonesse infantile se trouve
combiner avec désirs érotiques.


Le moe tel qu'on le connait dans nos anime et leurs goodies fait partie de sanctuaire kawaii sollicité par les japonais, sauf qu'elle ne concerne que la nouvelle génération d'otaku, la même qui
sert de manne financière de plus en plus nécessaire pour l'industrie des séries anime.


Pourtant ce moe dérivé du kawaiisme ambiant convoque chez la démographoe otaku-centré les même caractéristiques et névéroses que chez les autres japonais : figure féminine sexuellement
innofensive et faussement-immature qui demande à être protégé, cajolé et plus encore, forte iconisation, marketing massif+ pleins de goodies cultivant le trait mignon, convoquation à un monde
fantasmé constamment bienveillant sans aucun défi ou agression...certains ne seront pas pour dire que ça nous amène au final qu'à une certaine forme de superficialité.


Ces mêmes certains oeuvrent pour le mouvement artistique supeflat, qui cultivent l'imagerie de la culture visuelle moderne japonaise qui s'est devellopé justement depuis la bombe et la venue des
américains, venue qui a d'ailleurs influencé le Japon avec son catch mais ausi son animation et sa bande dessiné enytre autre.


Ce mouvement supeflat diagnostique et mêle dans leurs oeuvres la superficialité du Japon, son rapport au mignon, ses névroses post-guerre, son mercantilisme et toute l'imagerie, l'esthétique et
les codes des productions du milieu otaku/geek/akihabara qui n'a cessé de grimper depuis Astroboy (anime, manga, jeu vidéo, electronique, etc.).


Beaucoup de ces constants se sont beaucoup éclairci grâce à l'action de ce mouvement artistique post-moderniste, et on trouve des échos de ces constars chez des artistes de l'animation Anno ou
Kon. Kon notemment avait déjà très bien su capter le côté idolâtre propre au kawaiisme aigu, dans une tournure plus sinsitre, dans Perfect Blue (faut voir l'otaku qui s'imagine Mima en train de
danser dans ses mains). Mais c'est ensuite qu'il s'attaqua complètemet au traumatisme japonais et au complexe de culpabilité/victimisation en passant principalement par le prisme du mignon dans
Paranoia Agent.


L'ambivalence entre le Gamin à la batte et le chiot superstar Maromi, tout deux des refuges pour des japonais ne pouvant pas et ne voulant pas assumer leurs actes et affronter leurs problèmes,
explicite très bien notre observation. Il n'est donc pas non plus étonnant que mélé à tout ça, on retrouve dans la série des figurines moe s'animé devant un des protagonistes pour l'aider à aller
à la source du mal dont provient l'antagoniste à deux têtes.


Cette situation que je te décris se voit à petite échelle chez ceux qui trainent toujours sur 2cha, qui dirgent par leurs goûts une industrie entière qui a progressivement du mal à s'émanciper
d'eux, qui préfèrent les conforter dans leurs attentes et juste plaire à leurs envies plutôt que former leurs désirs et les éclairer sur le potentiel du médium qu'ils commencent à oublier.


Ces gens qui font que des professionels comme Dai Sato ou Mamoru Hosoda s'inquiètent de la grammaire et de la richesse des codes de la japanime si la nouvelle génération devient trop formé et
accoutumer à des productions qui ne nécessitent moins d'exigences graphiques et scèniques que d'autres genres. Ces gens qui deviennent cinglé quand un de leur perso est supposé non-vierge genre
Kannagi et qui poussa à la démission un pilier de la Gainax.


Si le moe (come le kawaii) est en lui-même ni bon ni mauvais, son utilisation de plus en plus sollicité, l'agrandissement constant de son piedestal ainsi que le manque de recul et de remise en
question des professionels et du publics par apport à ce genre cultivent le sentiment d'évasion superficiel et peu enrichissant qu'on reproche aussi aux lubies et obessions qui tourmentent le
Japon. Plutôt que de constemment repenser le moe, l'actualiser, le déconstruire, le reconstruire, créer des défis et des enjeux artistiques autour, le peaufiner, l'interroger et le faire
progesser, on l'utilise toujours presque de la même façon.


La seule a s'approcher un peu de ce genre de prétention progressiste serait Haruhi et tout son jeu autour de la fantaisie, de l'égayement du quotidien et des stéréotypes réservés au monde de la
fiction.


Maintenant les meilleurs titres moe sont ceux qui ne capitalisent jamais entièrement sur cet aspect. Azumanga Daioh n'est pas vraiment moé, il y en a dedans, mais le traitement des personnages,
la variété du registre humoristique, et l'ambiance générale en font un titre slice of life versatile comme un bon sitcom (quoi attendre d'autre de la part de l'auteur de Yotsuba&!).


D'ailleurs, si les sitcoms ont réussi à beaucoup progresser, à se remettre en question, à expérimeneter des choses, à travailler leur mise en scène, à s'imposer des défis, à étudier leur
narration et autres prétentions qui a pour but avant tout de faire de l'excellent divertissement.


On dit que "la petite maison dans la prairie", c'est nunuche et fleuri, mais en vérité, il y avait desfois des scènes d'enfants en danger, des personnages qui meurt, des histoires compliqués et
cruelles par moment, des conflits, des injustices, des discordes, mais au final même si les choses finissait par s'arranger comme il faut, au moins des enjeux étaient présent sans pour autant
renier le côté charmant, bucolique, un peu nostalgique et belle époque de la série.


L'important est donc la versatilité et avoir de la valeur ajoutée. Si les shows se mettent à être aussi obsessionel, univoque et monocorde qu'un japonaois qui succombe aux névroses particulière à
son pays, il n'y a plus source pour s'y regénerer. Sans quoi, il suffira justement de 5 à 10 ans de stagnation sans entretient pour que les fondations lâches.


Si le moé veut exister et vraiment ce légitimer pour l'ensemble des anime-fan (au delà de la simple question des goûts et des couleurs), le moé devra se remettre en question plus souvent,
légitimer sa place dans le patrimoine de l'animation japonaise en lui fournissant de nouveaux apports,un enrichissement de son langage, quelquechose qui puisse la faire progresser. Il en va de la
santé de son économie, du bien-être de son public, et de la fertilité de sa culture. Car un horizon inconnu mais prometteur sera toujours mieux qu'un vieux trou qu'on connait par coeur.


 


avant la moindre réponse, voiçi des liens qui clarifieront sûrement le propos d'une personne qui enchaine une nuit blanche:


http://www.overthinkingit.com/2009/03/24/overthinking-anime-kawaii-culture-superflat-and-the-bomb-in-paranoia-agent/


http://www.irosf.com/q/zine/article/10634


http://www.slantmagazine.com/house/tag/satoshi-kon/


http://asiafilm.fr/2010/07/28/les-problemes-de-lanimation-japonaise/ (regarde aussi le commentaire)


http://asiafilm.fr/2010/05/19/crise-de-kawaiisme-aigue/


http://www.shinmanga.com/Kawaii-et-superflat-enigmatiques.html


https://secure.wikimedia.org/wikipedia/en/wiki/Superflat


 



Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 16/01/2011 21:41



SupeRflat. Mais je vais mettre ça sur le compte de la fatigue ;)


J'ai quand même l'impression que l'envolée du kawaii de façon générique, est quand même plutôt récent (du genre dans les années 80-90 donc lié à une population qui est moins concernée par les
problèmes de la bombe) et que, même si le mouvement prend ses sources bien plus tôt et du côté de la bombe, il y a bien plus d'éléments à prendre en compte qui sont liés aux évolutions plus
récentes de la société japonaise, comme par exemple, l'effrondrement des structures standards (je pense par exemple à l'effondrement du modèle de l'entreprise qui organise ta vie, ou le fait que
trouver un travail à la sortie de l'école n'est plus aussi simple).


Ceci dit, tes liens contiennent des infos intéressantes, merci ^^


 


(tiens, en passant, y'a ptêt moyen d'y trouver d'autre éléments dans ce reportage qui passe ce soir : http://www.cesoirtv.com/programme/4197824/l-empire-des-sans.php et ça me fait penser que je
n'ai pas encore regardé "Toqué de Tokyo")



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