Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 19:21

Musique d'ambiance.

 

La furtive brise printannière caresse la peau, réconfortant le paresseux qui se repose au pied d'un tournesol géant. L'ombre protège le dormeur du lourd soleil qui rend somnolent quiconque se promène sous cette chaleur. Situé en haut d'une colline, le tournesol géant est comme un phare au milieu de nulle part. Son ombre se détache de façon nette sur la plaine qui l'entoure, comme un semblant d'horloge solaire pour ogre.

 

La brise se fait plus vive, tirant le dormeur des bras de Morphée. Il se frotte les yeux, s'éveillant doucement de la torpeur qui l'envahissait. Les yeux dans le vague, il regarde autour de lui. Il est trop tôt pour rentrer chez lui et trop tard pour finir son labour. Il reste quelques instants indécis tandis que l'oppressante chaleur frappe à ses tempes. Puis, il se fait la remarque que ça fait longtemps qu'il n'est pas allé voir Alpha. Il saisit son chapeau et se met en route vers le café. Quand il approche de la mer, les embruns chassent une partie de cette affreuse chaleur qui le poursuit. L'iode entre dans ses narines, lui évoquant de vieux souvenirs. Sa bêche sur l'épaule, il avance sur le petit chemin cabossé en terre. Les herbes hautes l'entourent et le chemin devient de plus en plus dur à suivre. Il devrait s'en occuper un de ces jours, il devait bien ça à Alpha, pour toute la charmante compagnie qu'elle sait prodiguer. Puis, entre deux roseaux qui se courbent sous la même brise qui l'a réveillé, il peut enfin voir le toit du café. Il sourit et presse le pas. Il sait qu'Alpha sera là, à attendre, comme toujours, le regard perdu dans le vague. Ses cheveux verts seront sûrement attachés. Quand il va arriver, Alpha va sûrement lui sourire et lui souhaitera la bienvenue. Ou alors, elle aura une petite mimique de surprise. Les clients étant rares, il lui arrive d'être surprise quand un de ces derniers arrive subitement. Puis, elle l'installera sur une table proche d'une fenêtre. Elle lui demandera ce qu'il veut et lui, il lui demandera du café vu que c'est tout ce qu'elle a. Puis Alpha s'assiera devant lui et se mettra à parler. De tout et de rien. Elle parlera, craignant qu'il ne s'ennuie. Parfois, elle aura de longs moments d'absence, où son regard se perdra dans l'immensité de l'océan que l'on peut voir par les fenêtres de son café. Il pourra alors contempler son air rêveur et apprécier les lignes de son profil et de son cou. Puis Alpha semblera oublier ses pensées et reprendra la conversation, toujours enjouée, parfois gênée quand elle demandera des choses trop personnelles. Lui, il se contentera de l'écouter en souriant, appréciant la présence de cette charmante demoiselle attentionnée. Il profitera de son visage quand les rayons du soleil couchant teinteront sa chevelure en mauve. Puis, quand il sera temps, il partira. Alpha le raccompagnera sur le pas avec chaleur. Puis, tandis qu'il s'enfoncera dans le noir, Alpha restera encore quelques temps sur le pas de la porte, suivant son client de la semaine, si ce n'est du mois, du regard. Et lui, il saura qu'il reviendrait encore une fois ici. Car, dans ce café, on pouvait y apprécier le temps qui passe en toute quiétude.

 

Perdu dans ses pensées, il ne réalisa pas qu'il était déjà devant la porte du café. Il la poussa.

 

- Kokone, on a un client !

- Ah... Bonjour. Bienvenue au Café Alpha.

 

Il marqua un temps d'arrêt. Une autre personne présente ? C'était étrange. Il avait tellement l'habitude d'être seul quand il venait ici. C'était une nouvelle serveuse. Aussi charmante que l'était Alpha, mais comparé à cette dernière, elle paraissait plus timide, moins extravertie. Elle l'invitait à venir s'asseoir à une table. Il sourit. Son café restait quand même le même. Une fois assis, Kokone vint lui présenter la carte. Il prit la même chose que d'habitude. Ecouta Alpha tandis que Kokone restait en retrait. Elle était sûrement un peu intimidée. Ils regardèrent le soleil se coucher et quand l'obscurité avala les lieux, il partit. Il sourit une dernière fois tandis que le Café Alpha disparaissait derrière lui, noyé dans les ténèbres avoisinantes. La journée avait été bonne. Agréable, il en avait bien profité. Et dans ce monde qui voyait sa propre race s'éteindre lentement, ses points de repère étaient toujours là. Que demander de plus ?

 

cheveux-vert--yokohama-kaidashi-kikou-.jpg

La mer. Le ciel. Un instant dont l'on profite quand les deux se confondent.

 

 

 

Ben... Expliquer de quoi je parle ? (et hop, un autre AMV pour meubler)

 

Yokohama Kaidashi Kikō est un manga constitué de 141 chapitres. Quand j'ai vu les premières pages de ce dernier, je me suis dit que ça m'évoquait quelque chose. Et effectivement, j'ai trouvé la réponse après avoir englouti tous ces chapitres... Une des images de ce manga est présente sur sama, une autre est présente sur le blog de skav. Il en a d'ailleurs parlé ici (et pour corriger ses liens morts, vous pouvez lire le manga ici. Pour l'anime, la princesse Mononoke les a).

Yokohama Kaidashi Kikō est une série sans but déclaré. Une série qui vit au fur et à mesure que le temps passe. Le temps perdu, le temps apprécié, le temps qui file, le temps dont l'on profite... C'est une ode à ce genre de temps qui s'écoule. Un temps derrière lequel on n'a pas besoin de courir vu qu'il nous rattrapera.

 

On suit la vie d'Alpha, une cyborg qui tient un café et qui attend que son propriétaire revienne. Mais les clients sont peu nombreux. Le temps passe et Alpha s'occupe. Elle se promène à bord de son Vespa quand elle ne travaille pas, croisant ses voisins, prenant des photos, appréciant la beauté du monde qui l'entoure. Etant un robot, elle a besoin de peu pour vivre, ce qui lui évite d'avoir des problèmes pour survivre, tout en profitant du microcosme qui la baigne. Elle écoute la radio, regarde la mer battre les rochers, va à la plage se baigner. Elle règle aussi des soucis journaliers comme gérer l'attaque d'un typhon, s'inquiéter du fait que, sous les assauts de la mer, les falaises s'érodent, mettant en danger son café. Elle passe un peu de temps avec ses voisins, comme la vieille personne au sourire louche qui tient la station-service proche de chez elle, ou la médecin dont le passé est empli de défis, ou comme les deux enfants du village voisin qu'elle voit grandir de jour en jour et qui finiront par partir en ville.

 

 

Ce qui est plaisant dans ce manga, c'est qu'on nous présente une fin de l'humanité soft pour une fois. Ici, pas de morts par millions, pas d'aberrations génétiques, pas de terres parcourues par des vents radioactifs sans fin, pas de mutagènes qui créent des monstres par millions. Non ici, l'humanité se meurt doucement, tranquillement, sans haine. Comme dans un soutra zen aspirant à la paix. La vie n'est pas forcément facile, mais elle n'en est pas pour autant infecte. Et pourtant, l'humanité meurt petit à petit, sans que ce soit directement évoqué. On constate juste que la compagnie d'Alpha se meuble de plus en plus de ses semblables que d'êtres de sang. Et quelque part, c'est apaisant. Les humains vivent. Simplement. Puis disparaissent sans faire de scandale, absorbés par la nature environnante. Les traces de leur passage ne se manifestent que par des choses positives, comme par exemple, des villes englouties dont les lampadaires illuminent les lacs lorsque la nuit tombe, créant ainsi un magnifique jeu de lumière sans fin, entre l'espace et la mer, tous deux devenant de vastes espaces lumineux.

 

 

cheveux-vert.png

Un petit coup de vent qui vous aveugle et qui fait bruisser la nature tout autour de vous.

Une scène commune dans ce monde et pourtant, un moment qui est toujours appréciable quand il est vécu.

Sentir la douce présence du vent vous englober n'a guère d'équivalent.

 

 

 

Jamais deux sans trois.


Ce manga est un hommage à une vie simple. Pour reprendre une image classique et parlante par chez nous, ce serait que c'est hommage à un pêcheur. Oui, le type qui pêche. Qui est tranquillement assis au bord d'une rivière sous un soleil printannier ou automnal et qui laisse la rivière du temps défiler délicatement devant lui, profitant d'une vie paisible.

 

Concernant l'anime, je suis partagé. Il respecte bien le matériau, mais des choses m'ont aléatoirement choqué. Comme foutre un tramway. Ou comme la couleur des cheveux d'Alpha. Ou comme donner un pistolet à Alpha. Pour ce dernier point, c'est juste qu'ayant regardé l'anime après avoir lu le manga, ça m'a semble complètement aberrant. Sauf qu'Alpha a effectivement un pistolet au début du manga. Le choc n'est donc dû qu'à un décalage temporel entre les deux. C'est d'ailleurs intéressant de voir que Alpha quitte son pistolet pour un appareil photo. Ca montre juste que ce monde ne contient plus de voleurs ou autres. En effet, quel intérêt de voler des choses quand on a déjà ce dont on a besoin ? Quel intérêt de menacer des gens alors que ça ne sert plus strictement à rien ?

Constitué de 4 OAVs réalisés deux à deux, ils restent quand même parfaitement dans l'esprit du manga. Et puis, dans les deux derniers, ils corrigent sa couleur de cheveux. Il est clair que les deux derniers m'ont bien plus que les deux premiers. Mais si, comme moi, vous ne voulez pas rugir en voyant Alpha avec un pistolet, je vous conseille de les regarder avant de lire le manga.

 

Yokohama Kaidashi Kikō est un amour déclaré aux choses simples que l'on oublie parfois. Comme s'endormir dans un lit confortable après une bonne journée. Comme le plaisir de laisser le vent caresser sa peau. Comme le fait que la vie regorge de son lot de petites surprises ou de petits plaisirs, tel qu'une bonne baignade rafraîchissante alors que le soleil tape fort. Ou le contentement de se promener, de partir en voyage pour découvrir ce que l'on connaît que par le biais des paroles ou des images.

 

Yokohama Kaidashi Kikō, c'est juste le plaisir simple de profiter des petites choses de la vie. De montrer que des choses magnifiques peuvent se passer quand on prend le temps de les apprécier.

 

Et donc, de même, je vais paisiblement passer ma trentième année d'existence sur cette peite planète, en savourant du bon champagne, du délicieux foie gras, d'un zeste de saumon fumé et de langoustines fraîches. Et les patates seront cuites je-ne-sais-comment, tandis qu'une douce tartelette aux fraises concluera ce repas qui se fera en regardant du Makoto Shinkai et en refaisant les fins de Final Fantasy VI et VIII.

Le bonheur se résume à peu de chose parfois.

Partager cet article

Repost 0
Published by Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir - dans Manga-Anime-JVs
commenter cet article

commentaires

Normand 11/12/2011 13:00


Comme Sirius, merci de m'avoir transporter une nouvelle fois dans le café d'Alpha, c'etait très bon!


 


Et je suis tout à fait d'accord, ce manga dechire grave la vie d'la mort ^^

Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 12/12/2011 09:03



De rien, c'est un plaisir ^^



kenny 09/05/2011 23:33



Cool si otoyomegatari sort en France, ça fera du nouveau avec Amanchu. Oui, il y a plus de sortie d’œuvre moins connu, dont ca augmente les chances que des oeuvre comme celle la soit
disponible.En même temps, à la vitesse ou sort les chapitres d’Amanchu, il va falloir 10 ans pour avoir 5 tomes.


Merci a toi pour cet article qui est bien plus complet que mon message.


 



Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 10/05/2011 03:13



Pour info, Otoyomegatari devrait sortir chez Kioon en Juin sous le nom de Bride Stories ^^



kenny 08/05/2011 21:13



Très belle série, dommage qu’elle soit pas plus connue (j’ai reconnue des images sur sama et sur le blog de skav, mais sans savoir si elles sont été prise en connaissance de la série)


 


Un bien être vous envahie quand on lit ces histoires ou il ne se passe rien, mais c’est ce rien et cette paix présente qui est recherché. On s’attache aux personnage rencontré, et l’on soit
l’évolution de ceux ci dans le temps (il convient de savoir que le temps dans la série s’écoule en même temps qu’elle sortait : on vois les saisons qui changent, et un enfant qui devient
adulte dans les 12 ans qu’ont duré la parution : 1 chapitre par mois environ), temps qui s’écoule : « la grande roue du temps tourne inexorablement »


 


Pour le pistolet, il n’a pas lieu d’être choqué, il s’agit d’abord d’un moyen de défense laissé par son propriétaire, qui est devenu plus une relique vu la façon qu’elle l’entretien, pistolet qui
cédera sa place à l’appareil photo pour la découverte du monde. Et ta remarque a ce sujet m’a plus : que voler quand on a plus besoin de rien, et que ce qui est le plus important ne se vole
pas.


 


Personnellement, je doute fortement que qu’il y ai un jour une édition française, et  s’il y en a une elle court le risque de s’interrompre faute de vente (comme cela c’est
produit pour aria qui appartient au même genre contemplatif), car ce genre de manga possède un public assez restreint.


 


Juste pour information, yokohama kaidashi kikou appartient au genre mono no aware (http://en.wikipedia.org/wiki/Mono_no_aware), tout comme aria, ainsi que d’autre manga tout aussi beau et sans action, montrant la vie
quotidienne (Isaki of the cub du même auteur,  Otoyomegatari-journal d’une jeune marié). Le livre « norvegian wood - la ballade de l’impossible » est sorti
récemment au cinéma et reprend le même esprit, il faudra que j’essaie de le voir à l’occasion.


 


Aller pour lancer un troll : c’est une série post apocalyptique ou un couple de lesbienne robots à moto regarde
l’humanité disparaître. (oui chaque terme de la phrase est juste mais un peu exagéré et se retrouve dans la série mais c’est pas du tout ce qui s’y passe).



Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 08/05/2011 22:45



Otoyomegatari, j'aime beauicoup.


Mais si Aria a été arrêté, Amanchu vient de sortir chez nous. Tout comme Otoyomegatari devrait sortir bientôt. Ces derniers temps, y'a quand même un peu d'évolution dans les sorties françaises.


Merci pour ce message complet ^^



Mackie le newbie 01/05/2011 20:06



Ecore 10 ans, et tu pourras changer le nom de ton blog : fini le puceau, bonjour l'art d'être newbie !


 


 


(j'étais où, pour mes trente ans... ivre mort, probablement, mais avec qui? )



Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 01/05/2011 23:01



Merci ^^



Sirius 28/04/2011 22:37


Le début de ton billet m'a véritablement transporté une nouvelle fois dans le café d'Alpha et l'ambiance de l’œuvre. Je te remercie tellement c'était bon. J'ai regardé les OAVs longtemps après et
j'avoue qu'au début avec l'ambiance sonore notamment j'avais du mal à retrouver ce qui faisait le charme du manga original. Mais j'ai finalement apprécié. Rien à rajouter sinon, je balance la douce
utopie d'une édition française et je te souhaite de bien profiter de ta 30e année ;)


Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir 29/04/2011 01:21



Merci ^^



Présentation

  • : Le blog de Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir
  • Le blog de Corti Zone ou l'art d'être puceau sans le vouloir
  • : Hmmm... Des dessins pourris et des critiques de ce qui me tombe sous la main
  • Contact

Recherche

Catégories