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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 17:38

En quatre mots et une ponctuation:
CA
DECHIRE
SA
RACE !
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été transporté par un bouquin de SF. C'est dantesquement génial. C'est superbement magnifique. C'est transcendantalement lisible. C'est artistiquement bien fait (oui, je suis en mode : "Abus d'adverbe").

Ce livre de SF est une histoire finie - quoique j'ai appris qu'en fait, les autres tomes qui sont de la même trempe (comprendre, un livre = une histoire) sont reliés à ce tome, et l'auteur refait apparaître des personnages déjà présents avant. Je ne sais comment il va gérer sa chose, mais je suis tellement convaincu après son premier bouquin que je n'ai aucune inquiétude. Alastair Reynolds est un maître de la narration comme il en existe bien peu. C'est le genre d'écrivain qui ne va pas décrire ses personnages principaux dès leur apparition, mais va la faire à rebours et ça passera quand même comme une lettre à la poste (d'un autre côté, quelque soit le bouquin, je suis quasiment à 99% sûr que les personnages que j'ai en tête ne ressemble en rien à ceux qu'avaient imaginé l'auteur. Là par exemple, j'avais un perso qui était exactement semblable à Riza Hawkeye. Pourtant l'auteur la décrira brune aux cheveaux courts. Tant pis, elle restera Riza, c'est plus fort que moi.).  Le point important, c'est que la description de l'auteur arrive pile au moment où le lecteur se demande : "Mais au final, ils ressemblent à quoi ce perso ?"

Et, en fait, c'est ainsi pour tout le tome. D'un coup, l'auteur nous parle de Pirates, Mantos ou autres trucs, on ne saura ce que c'est que 10 pages plus tard. Ca a un côté rebours plutôt sympa au final, bien qu'il puisse dérouter. Le lecteur peut se mettre à buter sur un nouveau terme avec une question hautement existentialiste : "Oùlàh, ce terme, je suis censé le piger tout seul ou va y avoir une explication après ?"
C'est un petit détail certes, mais qui fait le sel du bouquin. Mais cela n'est rien par rapport à l'histoire principale, admirablement maîtrisée et bien menée. Les coups de théâtre sont nombreux et le début de l'histoire, qui reprend le principe de la Trinité de Suikoden III ou POV ( point of view, en gros l'idée, c'est que l'on découvre l'histoire via les yeux des participants en jonglant de l'un à l'autre jusqu'à ce que les trois se trouvent ensemble) permet de découvrir différentes facettes de l'univers où les narrateurs évoluent. On saute peut-être un peu trop vite d'un personnage à un autre mais bon... Rien de dramatique.

Ceci pour le reste, je dis BANCO ! Que ce soit pour le style ou la qualité d'écriture, c'est un vrai régal pour les petits n'oeils. C'est complètement fluide et joliment orchestré ce qui fait que c'est difficile de décrocher une fois le volume commencé (mais ça, c'est aussi mon côté monomamiaque et psychopate qui veut ça).  Les révélations finales s'agencent logiquement et arrivent à nous faire douter ce qui est, en général, plutôt bon signe. Si je veux vraiment faire mon chouineur, je dirai qu'il y a deux explications scientifiques sur la fin qui sont très loin d'être limpides et manquent cruellement de clarté pour le non-scientifique (et même pour le scientifique tout court). Mais on peut passer outre sans blesser grièvement la lecture. D'un autre côté, autant ce qu'entraîne comme final cette explication d'une page ou deux peut donner une légère impression de facilité (mais c'est vraiment pour pinailler à mort, mais disons que c'est déjà un truc dont j'ai eu l'idée plus ou moins à des niveaux différents), le fait de poser une création théoriquement possible donne une consistance bien sympathique au tout (pour rappel, l'auteur est un astrophysicien qui a travaillé à l'ESA, ce qui explique aussi la cohérence de l'espace bien que ce dernier ne ressemble qu'en partie au nôtre).

Donc, je surconseille ce bouquin à tous les lecteurs de SF. C'est juste du bonheur en barre.

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 21:47

Des fois, on lit des bouquins et on ne sait pas pourquoi on les lit.

C'est comme ça. Là, dans mon cas, je vais parler de Brisingr. J'ai passé mon Lundi à le lire et je ne sais si ce fut une bonne chose au final, parce que j'aurai pu m'intoxiquer à Suikoden III pendant ce temps. Et j'aurai eu plus de plaisir à jouer à Suikoden III, à priori.

Donc Brisingr, c'est le troisième tome du cycle de l'héritage. Vous savez, Eragon et son film pourri, etc... 
On est donc passé d'une trilogie à un cycle parce que l'auteur n'a pas pu finir son histoire dans le troisième tome et que du coup, on se retrouve avec un quatrième tome annoncé.

Mais bon. ce sont des choses qui peuvent arriver. Suffit de voir les Harry Potter qui grandissent de tomes en tomes, sinon l'histoire n'aurait jamais tenu sur 7 livres.

Et donc, est-ce que c'est bien Eragon ?

Ben non, c'est quand même méchamment creux les trois-quart du temps. Ca enfile beaucoup de poncifs quand même. Mais l'écriture me semble plus fluide qu'avant, ce qui n'est pas un mal. Ce qui n'empêche pas que chaque fois que j'ouvre un bouquin.... J'ai oublié 90% de l'histoire précédente ce qui relate de façon dantesque mon intérêt pour cette histoire.

Pourquoi je continue alors que c'est creux ?

Tout simplement parce que je vais jusqu'au bout de ce que je mate/mis, quioqu'il m'en coûte. Sinon, je ne serai pas aussi fan des nanars et être capable de les apprécier jusqu'au bout. J'ai même accompli l'exploit de lire un Harlequin en ligne en entier ! C'est pas rien quand même !
Et je ne suis même pas sado-masochiste en plus ! \o/

Parlons du bouquin un peu, histoire d'étendre un peu sur le "j'aime pas". Là, le j'aime pas va directement vers les nouveaux ennemis qui sont censés faire peur : des hommes qui ne connaissent plus la souffrance. Bouuuuuh !!!!!!! FEAR !!!!!!!!
Bref, des zombies. Et devinez comment il faut les tuer ? En leur détruisant le cerveau ! Youhou, quelle originalité ! non mais il suxx le grand méchant là. Il est über-puissant, il pourrait nous fournir un truc plus élaboré que des hommes plus ou moins zombifiés. C'est pas comme si c'était d'un commun les zombies en fantasy. Ch'sais pas moi, il pourrait mettre les cerveaux des zombies à l'abri, comme ça, ils auraient vraiment un contingent d'immortel. Surtout que c'est en ces pouvoirs d'après ce qu'on en sait. Mais bon, encore ça peut passer....

Mais voilà. Le bouquin contient nombre de détails qui sur la durée me lassent, me laaaaaaaaaasssent mais à un point....
Deux emples de trucs qui me font bondir :
- Le cousin, qui était fermier il y a trois mois, se solote 200 (ah non 183) ennemis comme un grand. TOUT SEUL. Faut arrêter de déconner quand même. Autant, c'est justifié que le héros ait pris du level-up, autant lui, autant lui.... Rien ne le justifie. Ah si. Il est A-MOU-REUX. L'excuse en bois habituelle en quelque sorte. Mais de là à ce qu'il devienne limite le plus fort et le plus gros tueur d'une armée, faudrait pas pousser toute la famille dans les orties quand même !
- Le genre de phrase qui me fait hurler qui ressemble plus ou moins à ça : "Quand le dragon est haut dans l'air, y'a moins d'air, donc il vole plus vite"
WHAT.....
              THE....
                             FUCK !!!???
L'auteur nous bassine avec les vents ascendants qui permettent au dragon de voler en l'air et là, comme ça, il sort limite l'opposé. De quoi être furieux.

Et ça continue ainsi avec de petits détails par-ci et par-là qui rendent la lecture particulièrement pénible.

Sur les 800 pages du bouquin, 200 sont potables. Pas de bol, elles sont toutes concentrées à la fin. Je dis reconnaître que ces 200 dernières pages sont plutôt bien fichues comparées au reste. Les révélations qui tombent sont plutôt sympa, le tout reste plutôt cohérent, c'est donc bien fait.
Mais voilà. 600 pages bordel. 600 pages avant d'avoir un truc correct. Pitié....

Certes, je lirai quand même le dernier tome, je pense. sans grand intérêt mais pour savoir comment le grand méchant, leitmotiv identique au zieutage de nanar.

Un conseil. N'offrez pas Eragon à vos neveux/nièces/filleuls/autres. Même s'il y a un dragon (surtout que le dragon reste petit, ça suxx pour un dragon. D'ailleurs, c'est pas un dragon, c'est un varan de komodo avec des ailes). Franchement, c'est d'un classicisme navrant à la lecture et ça s'oublie plus vite que le temps d'aller aux toilettes.

Il y a une foule d'autres bouquins fantastiques bieeeeeeeeeeeen plus intéressants (mais sans dragon certes, mais de toute façon, c'est même pas un dragon, c'est un nain qui a mis un costume de dragon).

Bref, laissez tomber et cherchez autre chose comme cadeau. Et ce n'est pas ce qui manque dans le secteur. Il y a "A la croisée des Mondes" de Pullman (en passant, brûlez les Narnia, à 90%, c'est désespérant tant ça suinte le catho (au moins Tolkien avait eu le bon goût de dissimuler son catholicisme sous des tonnes d'autres trucs)), la trilogie de Bartimeus, vraiment très drôle et bien faite et certainement plein d'autres.

Voilà pour lui. Mon article est nul, mais tant pis, je manque de motivation pour le démonter plus.

Sinon, les japs sont toujours aussi louches. Il suffit de voir cet article (et je maintiens que, dans City Hunter/Nicky Larson, le "Coucou"' de J'ai Lu,  c'est vachement plus drôle et compréhensible que le "Mokkori" de Panini. Mé bon.).

(Tiens, le monde évolue tellement bien qu'overblog propose une thématique TV/Cinéma, mais n'a pas de thématique "Livres". My, my...)

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 23:17

Homoérotisme.

 

 

Et là, je réalise que j'ai écrit un article parfait et que je dois le laisser tel quel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ou pas.

 

Ne me demandez pas pourquoi j'ai écrit homoérotisme. Les autres le font, j'ai décidé d'être un mouton et de suivre le mouvement. C'est comme la PASSION !

Et des fois, la passion n'a pas besoin de compréhension mais juste se vivre.

 

Bien, abordons le sujet du jour. D'abord la fin des temps. Koikesse ?

Du dernier tome des Chroniques de Lune Noire.

Dire que ça doit faire plus de 10 ans que je suis cette série, c'est une joie d'en voir le bout, qui, finalement, reste dans l'esprit et plutôt correct, malgré des détracteurs.

OK, c'est pas la fin du siècle, OK, y'a un soupçon de facilité qui traîne... Mais qu'est-ce c'est beau ! Les pages sont magnifiques, les pages glissent sur nos doigts comme une eau claire sur une roche parfaitement polie. Les choses s'enchaînent rapidement et efficacement même si on a une impression de rajouts de "personnages" inutiles. Mais ses ajouts définissent au mieux l'univers existant et permettent de donner tout son sens à l'univers de Wismerhill. Même si l'histoire se finit de manière un peu trop ouverte, elle signe bien la fin d'une époque. Tous les éléments de ce volume sont destinés à mettre en oeuvre cette fin. Si on saisit la fin, on comprend l'intérêt de ces présences multiples. Et inversement.

L'humour est aussi présent de façon rare mais agréable.

 

Bref, au final, c'est que du bon !

 

Sans doute qu'il va y avoir une suite mais on peut aisément s'en passer. Un peu comme pour le cas Kookaburra où Soleil abuse dans tous les sens du terme. Autant que Dupuis avec Spirou. Mais bon, y'a des perles (y'a quelques Kookaburra Universe qui sont vraiment très sympas, sans pour nécessiter la connaissance de la série principale).

 

Ce serait mieux qu'il n'y est pas de suite, tout simplement.

 

A noter que pour la sortie du dernier tome, il existe trois couvertures différentes (voir l'image du bas). Au moment de l'achat, je ne savais pas cette histoire de couverture. J'ai découvert par chance leur existence. J'ai eu le choix entre la couverture centrale et le chevalier à droite (qui était bien caché le bougre). Après une looooooooongue hésitation, j'ai pris le chevalier. Parce que je me dis qu'il y a plus de gens qui ont celles du milieu, donc voilà quoi. Par contre, pas vu la Succube. Mais bon, c'est frustrant de n'avoir qu'un morceau de la couverture finale (même si une postcard à l'intérieur montre la couv en entier). Mais de là, à acheter deux autres tomes qui n'apportent rien... Non, pas moyen (même si ça déchirait sa maman de voir les deux couv' côte à côte \o/ ). Il aurait fallu pousser le vice jusqu'au bout et mettre un dessin original différent dans chaque tome. Là, j'aurai ptêt craqué.

Tant pis.

 

Enfin bon... Arriver au bout de cette histoire, ça me ferait presque verser une larme d'émotion tiens... Ca, plus l'arrêt de VDD, ça fait beaucoup en une semaine. Jeunesse se passe comme qui dirait.

 

 

Et maintenant, changeons de registre !!!! \o/

 

Vous avez trente points pour découvrir ce qui se cache derrière "Brèche dans l'espace" !

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Non, toujours rien ?

Et bien, je vais parler politique et science-fiction. YES. Ou GOOD. Comme vous le voulez (combien vont-ils comprendre ces deux derniers liens ? Vaste débat.)

"Brèche dans l'espace" donc. Les plus geeks d'entre vous sauront que je parle d'une nouvelle de Philip K. Dick.

Dans sa profusion d'écriture, je voulais parler de cette nouvelle car cette dernière a une toile de fond assez intéressante : la présence à l'élection présidentielle américaine d'un candidat noir. Qui sera un des personnages principaux de l'histoire en cours. Donc oui, un noir, comme Barack Obama. Et étonnament, même si le souvenir de cette histoire me semble assez lointain, le personnage a d'étonnantes similarité avec le héros de Dick. Dick, visionnaire ? Ce ne serait pas nouveau comme débat. Et puis il y a quand même quelques différences. Je doute que le gros titre d'un journal pourrait être "Les effets sur l'économie nationale de l'élection d'un président noir" actuellement.

Pour le reste, c'est du Dick, que du bon. En pleine SF, complots à tout va, action, drogues, etc... D'ailleurs la crise financière actuelle peut être facilement représentée dans l'oeuvre par ses propres problématiques économiques.

 

Donc, je vous enjoint à lire cette nouvelle à l'occasion et vous connaîtrez tout d'Obama :p

Plus sérieusement, je me demandais si d'autre que moi avais fait le rapprochement entre le perso fictif et le réel ou si je suis seul dans ce monde à le faire (ce qui ne m'étonnerait guère).

Je touve ça marrant tous les détails qui me reviennent en mémoire sur cette nouvelle et qui se raccrochent à la réalité. Dick était ptêt vraiment un génie finalement, ou en tout cas, sacrément doué dans certains domaines.

 

En tout cas, si quelqu'un veut faire de la SF, il a un boulevard ouvert pour une nouvelle histoire de ce type s'il est suffisament doué pour faire une projection si réaliste comme Dick. Il suffira d'avoir l'élection d'un(e) président(e) américain(e) qui soit musulman(e).

 

Quand je pense que mon ancienne boîte censurait les recherches sur Dick parce que c'était assimilé à de la pornographie. Tsssss.... C'est HONTEUX !

 

 

Et là, je devais avoir des vidéos pour finir. Mais pas moyen de refoutre la grappe dessus. Tant pis. Vous m'en voudrez pas, hein ?

 

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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 18:04

Il y a des racontars qui baignent en plein réalisme et pourtant, semblent irréalistes ou imaginés tant ils paraissent peu crédibles. Un peu comme mes histoirettes. Jørn Riel en est le spécialiste le plus efficace sans aucun doute.

Tous ses racontars et histoires tournent autour de ce qui lui arrivé en tant que trappeur dans le Groënland (il a fait d'autres bouquins, mais vu qu'il y a une palanquée de racontars autant parler d'eux -et pis de toutes façons, je n'ai pas (encore) lu ses autres bouquins).
Plus précisément, il raconte de petites histoires qui arrivent à une communauté de chasseurs dans les années 40/50 à peu de chose près, où la chasse à l'ours et aux renards étaient soutenus par le Danemark dans les terres du Groënland. Ils sont ainsi une dizaine à vivre sur la côté est de ce glacier et sont séparés les uns des autres par plusieurs jours de traîneaux. Les chasseurs vivent par deux en général et doivent trouver des occupations pour passer l'hiver qui durent huit mois. Car relever les pièges, ça n'occupe pas un hiver.
Ces chasseurs sont ravitaillés deux fois l'an par un bateau, qui envoie de nouveaux arrivants et récupère ceux qui partent et qui rachètent leurs peaux. Voilà pour le contexte.

Présenté comme ça, ça paraît tout simple. Mais en fait non. Dans ce Groënland complètement coupé du monde, il s'en passe des choses. Et un certain nombre complètement surréaliste. Et les trappeurs ont tous leur caractère, leurs petites manies. Ils sont bourrus, mais bourrés de candeur par instant. L'un philosophie à tout va, l'autre reste tout le temps allongé quoiqu'il arrive. L'un parle avec son corbeau, l'autre est un auteur raté. L'un est aveugle, l'autre est légèrement débile et manchot. Tous ces caractères particuliers qui vivent dans un monde fermé, se chamaillent, se disputent et racontent leurs "racontars" au coin du feu.

Jørn Riel dit qu'il s'amuse souvent de voir que nombre de ses lecteurs ne croient pas à l'existence de ses racontars. Cela le fait sourire. Pour lui, tout ce qu'il relate est vrai.

Mais que ce passe-t-il donc dans ce pays glacé où la nuit tombe une fois pendant 8 mois ? Ce pays avec ses magnifiques paysages et d'une beauté à couper le souffle.
Du nainwak. Ainsi, un tel à moitié aveugle va se retrouver à enfourner la confiture de ses chiens dans la bouche d'un ours polaire, un autre va abattre un ours polaire de façon improbable après une bataille acharnée, un trappeur lassé de l'ego misérable de son collègue va l'emmener et l'abandonner au milieu de nulle part pour avoir la paix, l'abandonné finira par dompter une meute de loup, un autre va finir par manger son collègue en croyant manger son cochon, d'autres font faire face au terrifiant vertigo, syndrôme polaire qui rend fou dans cette longue nuit. Même si le vertigo se réveille principalement au matin. La journée a aussi son lot de surprise avec le capitaine du bateau ravitailleur qui tente de les arnaquer sur le rachat de leurs peaux et ramène une chasseresse, ou un tatoueur qui va faire fortune en tatouant tous les trappeurs, ou ramener la femme imaginaire qui est passée dans les bras de tous les trappeurs ou un capitaine de l'armée qui va vouloir mettre de la discipline et se retrouver jeté au fond d'un glacier au bout d'une corde pour lui remettre les idées en place.

La notion de mort est complètement hors-champ, juste une plaie comme les autres. Comme les morts de Kenny dans South Park. Et petit à petit, à travers ces racontars, se dégage un monde à part, où la solitude rime avec occupation et compagnie égale alcool au milieu d'histoires improbables - mais qui ne sont pas si improbables que ça, au contraire. Après tout, quoi de plus normal au cours d'une beuverie pour fêter la mort d'un collègue, un type bourré tombe dans le cercueil, et ses collègues, tout aussi bourrés, ferment le cercueil et le jettent à la mer ? Ne réalisant bien sûr qu'il ne manque quelqu'un que quand ils sont rentrés et bien au chaud. Quoi de plus logique que l'érudit se suicide de honte après avoir perdu un duel de poésie suite à un oubli fâcheux. Quoi de plus illogique que deux trappeurs vivant ensemble se fassent la guerre à propos de commodités, chacun voulant avoir les plus belles toilettes du coin ? Qu'un cheik musulman vienne répandre l'islam dans le Groënland ? Qu'un homme atteint du vertigo, saute du bateau et se met à marcher sur la banquise convaincu que c'est là qu'il doit être, au milieu de nulle part. Et qui va s'en sortir comme une fleur.

Et les racontars se succèdent. Toujours avec humour, mené le côté rustaud de ces personnages, toujours plein de bons sens(si on veut) et un franc parler sans fioritures. Tellement crédibles et semblant totalement fantaisiste d'autre part, empli de combats inutiles (comme faire pousser une vigne dans ces terres glacées).

Je n'arrive pas à clairement exprimer mes idées, mais ces livres sont de vraies petites perles de lecture, formant un tout et traçant l'histoire et les aventures de ces hommes vivant au milieu de nulle part. Leurs petites habitudes, leurs petites manies, etc... Ici, les choses sont simples, directs et brutales. Mais on est loin d'une chevauchée sauvage ou de la conquête de l'ouest. Point d'épopée ici, point de manuel de survie. Mais juste un monde hors temps, bourru et tellement mystique qu'il en devient drôle et émouvant. Le climat particulier de cette région en est sûrement pour quelque chose.

Les livres sont très courts à lire (une centaine de page écrites en gros) et sont une compilation de racontars. Un peu déroutant au début, surtout que des références sont faites à des évènements qui ont pu se produire, on se laisse facilement charmer par cet univers d'ailleurs et qui pourtant, ne se trouve pas si loin que ça de nos côtes. Le dernier tome devrait sortir bientôt (ou pas) et on peut regretter que le tome concernant l'histoire du trappeur qui est un ancien assassin (le seul tome à ne proposer qu'une histoire) soit en rupture de stock. Il faudra faire avec. Mais il y a de quoi faire.

La liste des livres concernants les racontars :
- La vierge froide et autres racontars
- Un safari Arctique
- La passion secrète de Fjordur
- Un curé d'Enfer
- Le voyage à Nanga (épuisé)
- Un gros Bobard et autres racontars
- Le canon de Lasselille
- Les ballades de Haldur
- La circulaire et autres racontars

Vous pouvez acheter n'importe lequel de ces tomes pour commencer, cela n'a pas d'importance. Excepté pour le dernier tome, la circulaire vu qu'il est la première partie décrivant la fin des chasseurs. Et oui, le Groënalnd est une zone protégée maintenant, les trappeurs vont être chassés de ce lieu.

Vous pouvez lire le premier chapitre de deux des racontars ici et , si vous souhaitez vous donner une idée.
J'avais complètement zappé les petites phrases qui introduisent les chapitres, charmantes à souhait. VOus allez être un peu déroutés par les noms qui ne vous évoquent rien, mais laissez-vous glisser dans ses discussions et actions d'un autre temps !

En tout cas, ces racontars sauront vous rendre le sourire :)
Pas comme Yotsuba, mais pas loin :)

Remarque vous pouvez toujours vous amuser à regarder ça sinon :) (Mais pourquoi, POURQUOIIIIIIII ne font-ils pas un film comme ça ? Y_Y )

(screugneugneu, l'es foiré mon article, j'arrive pas à dire ce que je veux dire et à faire passer ce que je veux faire passer. Foutu côté mystique scandinave, va falloir que je bosse mon vocabulaire pour améliorer ça moi >_> )

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 15:14

(Hmmm... Faudrait vraiment que je songe à relancer Skav pour filtrer mes articles sur blogchan un de ces quatres matins. Ca va rejoindre la longue liste de chose à faire. Et hop, j'ai déjà pensé à inaugurer une nouvelle catégorie via cette article, c'est déjà).


Je viens tout juste de découvrir cet auteur et plus précisément, ce bouquin-là :

Après avoir bouffé les génialissimes racontars arctiques Jørn Riel (article à venir dans la semaine pour ce cas), après avoir lu le premier tome de la stratégie d'Ender (qui ne m'a qu'à moitié convaincu, je me demande pourquoi il y a autant de foin autour, c'est sympa, sans plus), après avoir lu l'histoire d'un américain vivant suivant les préceptes de la Bible (très sympa au demeurant et empli de détails intéresant pour le profane comme moi (maintenant, je sais d'où vient les expressions du bouc-émissaire et du bon samaritain) ), je me suis retrouvé avec ce livre. Passé les 50 premières pages pas forcément passionnantes (un gamin de 15 ans qui fait une fugue et semble avoir un "ami intérieur", rencontre une fille et finit par échouer dans une bibliothèque de nos jours et d'un autre côté, une classe tombe dans les pommes dans les années 45), tout se révèle être une splendide mise en place pour la suite qui devient un magnifique WTF (*CPM) !
Les limites du monde réel s'estompent, l'imaginaire fait des incursions à sa manière dans la vie des protagonistes et des scènes tout simplement dantesques commencent à se dérouler. Dans le monde de Murakami, vous pouvez vous retrouver avec un colonel Sanders -ni humain, ni dieu, ni démon,juste un concept- qui vous paye la meilleure prostituée de la ville -qui se révèle être philosophe de surcroît vu qu'étudiante en philosophie- pour que vous déplaciez une bête pierre blanche d'un temple, voir des féministes jusqu'au-boutistes mises à mal par un mâle soi-disant dominant et rencontrer des soldats disparus depuis 60 ans. Et tout cela passe comme une lettre à la poste, l'histoire se déroulant naturellement, sans accrocs. Sans compter que l'auteur nous abreuve de discussions philosophiques courtes mais efficaces, avec une justesse et une simplicité sans équivoques. Le tout empilé par des références compréhensibles par le commun des mortels pour tout ce qui entoure les personnages (leurs goûts musicaux entre autres).
Les écrits de l'auteur touchent, aussi bien pour le côté horrible (argl, les chats Y_Y , j'ai eu mal pour eux) que pour les traits humoristiques, et pour sa capacité à poser une ambiance totalement surnaturelle et réaliste à la fois. Les textes sont crus sans verser dans la facilité et d'une simplicité à la lecture désarmante. Les personnages ont de l'épaisseur et sont attachants (à côté, dans Ender, ils sont plats), chacun avec leurs problèmes plus ou moins assumés, leur côté hors-temps. Ils sont marquants, même pour ceux qui n'apparaissent que quelques pages. Il y a un petit quelque chose qui fait que l'on se sent proche d'eux, ou plutôt, que ce sont des personnes que l'on pourrait rencontrer dans la rue par leur réalisme prégnent.
 Le livre est ainsi un mélange de deux parties qui se complètent et se soutiennent mutuellement. Il est la concaténation d'avoir la tête dans les nuages et les pieds ancrés sur la terre. Et c'est ce qui fait indubitablement son charme. Avec un soupçon de quête initiatique pour vieux et jeunes.

"Kafka sur le rivage" est donc une véritable petite perle de lecture qui vous remplira un bon nombre de soirées (suivant vos rythmes de lecture) avec ses 650 pages bien tassées. Inutile de vous dire que c'est un vrai coup de coeur pour moi et que dès que j'ai un peu de temps, je vais m'empresser d'acheter d'autres oeuvres de l'auteur, pour continuer à voyager aux confins de la réalité.

Une lecture plus que conseillée pour tous les amateurs de surnaturel et de slice of live (*EPM).

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